Entretien Avec Vanupié

artiste reggae français; Vanupié

Vanupié – photo par La Vie Reggae

J’ai eu l’honneur de rencontrer le chanteur Vanupié, qui a sorti son album « Free Birds » sous le label français Soulbeats Records au cours du mois d’octobre. Pour célébrer sa sortie, il sera en concert à la Cigale le 6 novembre. Une voix suave, un style tellement inclassable que le mieux était de lui demander directement comment il percevait sa musique. Un grand merci à lui d’avoir accepté cette entrevue.

J’ai découvert un chanteur simple, sincère, ayant les pieds sur terre, ouvert d’esprit et passionné par la musique au sens large. Son album reflète son amour pour la musique avec des mélodies et des sonorités ultra variées sur des messages poétiques bien exprimés.

La Vie Reggae (LVR) : Une rapide présentation.

Vanupié (V) : J’ai 33 ans, je suis né à Annecy en Haute Savoie. J’ai passé une vingtaine d’années en région parisienne avant de monter sur Paris. J’ai d’abord commencé à travailler dans le monde de la publicité, comme assistant, puis directeur artistique avant de terminer concepteur rédacteur. Vers 26-27 ans, en vacances, je rencontre par hasard des musiciens avec lesquels nous décidons de lancer un premier projet musical qui se conclura par la production d’un premier disque.

LVR : Quelles sont tes influences musicales ?

V : Mon père était musicien de flamenco et m’a transmis très tôt sa passion pour la musique. J’ai appris rapidement à manipuler une guitare. Vers 11 ans, je me suis acheté mon premier CD, « Legend » de Bob Marley qui va renforcer mon amour pour la musique et ma soif de découvrir. Par la suite, je me suis imprégné d’univers musicaux variés : folk, rock ou soul avec des artistes comme Paul Simon, James Brown ou Ben Harper. Ce dernier m’a d’ailleurs beaucoup inspiré, je l’ai énormément écouté pour parvenir à comprendre et reproduire ses compositions.  Par la suite, je me suis mis à écrire mes premiers textes.

LVR : Pourquoi le nom « Vanupié » ?

V : Je trouve que le fait d’ôter ses chaussures révèle la vraie nature des gens : les gens se sentent plus à l’aise sans. Un jour, un pote m’a traité de « va-nu-pieds » (ndlr : sorte de vagabond) à un moment où je cherchais mon nom de scène. Court et facile à retenir, ce surnom m’a immédiatement plu. En plus, je joue pieds nus dans le métro. (Ndlr : une manière de marquer les esprits des gens, certains l’ont même tout simplement surnommé « le chanteur aux pieds nus »).

LVR : Parle-moi un peu de ton aventure dans le métro.

V : Lorsque j’ai fait mon premier disque, il fallait qu’il trouve son public. Pour me faire connaître et remplir les salles de concert, j’ai décidé d’aller à la rencontre des gens. Quoi de mieux que le métro pour se faire voir par le plus grand nombre et être proche du public. J’ai donc passé l’audition pour jouer dans le métro puis, j’ai choisi la station Chatelet (ndlr : l’artiste peut choisir son emplacement dès lors qu’il n’impose pas sa musique aux gens). Le métro est l’une des meilleures écoles car chaque jour réserve son lot d’imprévus. Je joue dans le métro depuis 2006 et je continue aujourd’hui à raison de 3h par jour. Ça m’apporte beaucoup tous les jours, parce que je peux tester mes morceaux, et analyser les raisons du succès ou de l’échec d’un titre. C’est très positif, et j’essaie d’apporter du bonheur dans le cœur des gens.

LVR : Comment définis-tu ton style de musique ? Qu’évoquent tes textes et en particulier « Feel Down » ?

V : C’est une invitation au voyage, un équilibre rythmique et musical entre de nombreux styles : folk, reggae, soul, ballades anglaises ou encore jazz. Tous sont perceptibles et très imbriqués. Mes textes véhiculent  des valeurs fortes comme l’ouverture, la liberté, la joie de vivre, le courage… Lorsque j’écris des textes, je pars souvent de mauvaises émotions que je transforme en texte joli et positif.  Sur « Feel Down », j’exprime (ndlr : de manière très poétique) le fait que tous les jours, de mauvaises choses viennent perturber notre quotidien. Tout le monde traverse ce type de phase un jour ou l’autre, mais il faut continuer à avancer, d’où le fait que j’emploie « Yeaha » comme un cri pour se donner la force de garder la tête haute en toute circonstance. Le chanteur anglais Flox m’accompagne sur le refrain.

LVR : Justement, quelle a été la contribution de Flox à ton projet ?

V : Flox (ndlr : pour en savoir plus, rdv sur le site internet de Flox) est un artiste dont je suis fan depuis de nombreuses années. J’ai découvert par la suite qu’il faisait ses productions tout seul : masterisation, mix, chant, ajout d’instruments, enregistrement… J’ai donc pris contact avec lui pour  obtenir quelques conseils. Il a fait bien plus : il s’est montré très réactif et m’a proposé de bosser avec moi sur mon projet – chose que je n’avais pas envisagé un seul instant à la base. C’était incroyable qu’il me propose cela ! Flox a travaillé comme un acharné sur mon projet pendant un an. Il m’a énormément aidé à progresser en me conseillant sur ma manière de chanter, de jouer,  sur la musicalité de mes textes,  ou des conseils pour améliorer mon accent anglais.

LVR : Quel effet ça fait de passer du métro à une grande scène comme celle du Reggae Sun Ska Festival ?

V : Jouer dans le métro, c’est jouer dans des conditions extrêmement difficiles. Il n’y a pas d’éclairage, le son  est de très mauvaise qualité, ça raisonne…  bref c’est très compliqué. Lorsque je fais une grosse scène, je me sens au paradis ! J’ai l’impression que les notes raisonnent à des kilomètres à la ronde, l’éclairage est impeccable, c’est tout simplement génial ! A coté de cela, lorsqu’il y a des soucis techniques par exemple, je sais exactement quoi faire et comment gérer. En revanche, lorsque j’ai tourné avec  Groundation (20 dates en Europe), j’ai dû m’entrainer à jouer debout pendant mes concerts, j’ai répété dans le métro, je faisais mes sessions debout (rire). (Ndlr : dans le métro, Vanupié joue plutôt assis).

LVR : Quels sont tes projets à l’avenir ?

V : D’abord il y a une date de concert le 6 novembre à la Cigale à Paris. En même temps, je poursuis mon parcours dans le métro. J’envisage par la suite la sortie d’un album de reprises de chansons que je joue dans le métro. Puis un deuxième disque probablement d’ici deux ans.

J’ai été conquis par son disque de A à Z. Je conseille vivement de prêter une oreille attentive et curieuse à ce chanteur au grand cœur. Sa musique et sa voix valent le détour. On retrouve avec plaisir les titres qui l’ont fait connaître et qui étaient déjà présents sur les EP, tels que « Good Morning » ou « Homeless ». On découvre aussi  5 chansons fraiches et neuves  venant compléter une sélection déjà musicalement bien riche comme le magnifique et très personnel « Drivin' ». Voici le clip de « Close By » extrait du maxi « Free Birds ». Pour ceux qui veulent aller plus loin, des extraits de l’album figurent sur le site de Vanupié et pour se procurer l’album, c’est sur la boutique en ligne de Soulbeats Records que ça se passe.

Un immense Big Up à Vanupié ! Je tiens à le remercier encore une fois avec toute son équipe sans qui cette rencontre n’aurait pu être possible.

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2 réflexions sur “Entretien Avec Vanupié

  1. […] sur le label français, Soulbeats Records (Vanupié, Groundation, Naâman…), ce disque s’inscrit dans la continuité de ce que propose le […]

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  2. Rencontre avec Flox | La Vie Reggae novembre 10, 2015 à 11:09 Reply

    […] album. Entre temps, il a suivi une formation sur le logiciel que j’utilise (Digital Performer). Vanupié va bosser nettement plus en amont. Il va me donner des choses plus abouties. Dans le boulot de […]

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