Paiaka, l’interview

artiste reggae français, Paiaka

Paiaka (Photo de presse, source iWelcom)

Le 22 janvier dernier, dans le cadre de la promotion de leur premier album intitulé « Alive Aniway », j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer 3 des 8 membres du groupe Clermontois, Paiaka : François (guitariste), Baptiste (batteur) et Martin (chanteur).

 

Bonjour à vous 3, tout d’abord je tiens à vous remercier d’avoir accepté cette entrevue.

La Vie Reggae (LVR) : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter le parcours musical de Paiaka ?

Paiaka (P) : « Nous avons commencé à faire de la musique très tôt au sein de différents groupes. Nous nous sommes souvent croisés sur les scènes locales. Puis de fil en aiguille, nous nous sommes rapprochés et des amitiés se sont tissées.  Paiaka a été créé à Clermont-Ferrand en 2010 à l’initiative de François. Suite à l’arrêt de son premier groupe, François a décidé de monter un autre groupe de musique pour faire du reggae teinté de différentes influences. Il travaillait déjà avec Baptiste et notre trompettiste (Laurent). Puis, ils ont fait appel à différentes personnes pour monter le groupe. Au départ, Martin était à la basse, puis rapidement, T Bass a repris la basse et Martin le chant. L’idée était de monter un projet sérieux avec l’objectif de poursuivre ensemble pour arriver à vivre de notre passion. »

 

LVR : Pouvez-vous nous parler un peu de Flower Coast ?

P : « Flower Coast, c’est un peu le point de départ de notre projet. A force de se croiser sur les scènes, nous sommes devenus potes, et cela faisait déjà quelques temps que l’on s’entraidait ou que l’on se prêtait du matériel. Pour formaliser tout ça, nous avons décidé de monter une association qui s’appelait Flower Coast, et tout est parti de là. Aujourd’hui, Flower Coast, est devenu notre propre label. C’est la structure qui fait sortir notre disque. » 

 

LVR : Quelles sont les influences de Paiaka ?

P : « On peut dire que le reggae de Paiaka est un reggae influencé par tout style de musique. Pour l’enrichir, nous allons du reggae très dynamique vers du root’s reggae plus profond en y ajoutant diverses influences qui viennent agrémenter tout ça. Nous essayons d’aller vers le jazz, un peu de rock comme par exemple sur « What For » ou des morceaux acoustiques (« One Man Is Smiling »). Nous cherchons à ne pas jouer trop simple ou « tout droit ». Le groupe s’efforce de trouver les justes accords qui vont susciter l’émotion afin de donner le plus de relief possible aux messages que l’on transmet. On s’inspire de groupes comme Groundation, Midnite, Steel Pulse ou encore Burning Spear (notamment ses lives avec ses cuivres). »

 

LVR : D’où vient le nom Paiaka ?

P : « C’est parti d’un délire qui veut plus ou moins dire « Paien ». Sur les 8 musiciens qu’on est,  on n’est pas tous rastas jusqu’au bout des ongles, mais chacun respecte cette culture-là. Mais c’est vrai qu’au départ, on s’est dit que ça allait assez bien. Nous vivons tous le reggae de manière différente. « Paien » signifie « sans règle et sans dogme » et colle parfaitement à l’esprit de notre groupe. On voulait faire du reggae sans rentrer dans un « reggae cliché ». Puis, nous voyons le coté spectacle du groupe pendant nos concerts comme des fêtes et danses païennes. »

 

LVR : Et si on parle d’« Alive Aniway », Pouvez nous expliquer le choix du titre ?

P : « Vivant quoi qu’il arrive », avec l’album nous voulions nous battre contre la morosité ambiante en annonçant aux gens que quoi qu’il se passe on reste acteur de nos vies et de nos visions. Sur la plupart des morceaux, nous ne jugeons rien, Paiaka amène plutôt les gens à se poser des questions de vie sans apporter de solutions. Chacun est vivant et peut choisir sa direction tout en restant positif dans sa démarche. Le seul message à faire passer : « soyez acteurs de vos points de vue et vos décisions ». Quand nous avons réfléchi au nom de l’album, il y a avait pas mal de messages qui revenaient comme quoi, cela devait nous travailler lorsqu’on a composé l’album. »

 

LVR : Au niveau écriture comment ça se passe ? Est-ce que vous écrivez tous ensemble ?

P : « Ça dépend des fois, François nous a apporté quelques textes, comme par exemple « Like A Candle » qu’il a écrit entièrement. D’autres morceaux ont été écrits par Martin et d’autres encore comme « Painters » ont été écrits ensemble. »

 

LVR : De quoi parle « Painters » ?

P : « Pour la petite histoire, c’est pratiquement à la fin de la composition de l’album que « Painters » est arrivé. Baptiste et Martin avaient bien bossé le riddim et la musique mais il manquait encore le texte. Ils se sont pointés devant le groupe en proposant d’écrire le morceau tous ensemble. On y compare un peu cette société à un tableau, le fait que tout le monde dessine, tout le monde a son rôle dans ce monde et on voit ça comme un tableau de plein de couleurs avec plein de choses différentes. En écrivant tous ensemble, on a peint ce tableau tous ensemble à notre manière. Ce morceau est vraiment représentatif des messages que l’on fait passer sur l’album ».

 

LVR : Avec le titre The Answer, à quelle question essayez-vous de répondre ? (si on peut poser la question ainsi) 

P : « C’est un texte écrit par Martin. Il s’agit plutôt d’une question de la vie : ce qu’on fait là et pourquoi. Finalement, qu’est-ce que la vie ? Avec le refrain, on se demande comment trouver les réponses à ces questions ? Au final, il n’y a pas vraiment de réponse type car chacun a le droit de se faire sa propre idée et sa propre opinion ». 

 

LVR : Quels sont vos projets à venir ?

P : « Nous sommes fiers d’avoir pas mal de dates qui s’annoncent et qui vont occuper une bonne partie de notre année 2015, avant de commencer à réfléchir au prochain album. Et puis, de nombreux projets s’annoncent autour de notre label Flower Coast. C’est aussi une agence de tournée dans laquelle nous sommes très investis. Dans un second temps, comme nous l’avions déjà fait pour l’EP « Red », nous envisageons de proposer une relecture des morceaux en version dub. C’est une expérience qui nous avait bien plu et que nous souhaiterions renouveler avec « Alive Aniway. »

 

LVR : Y-a-t-il une chance de voir l’album sortir en vinyle ?

P : « L’album pourrait effectivement sortir en vinyle. Il y a beaucoup d’adeptes et c’est un format qui nous plait, alors le vinyle on y pense pas mal ! On espère pouvoir le faire très prochainement ! »

 

LVR : Question un peu tordue : si vous deviez partir sur une île déserte, quel serait le titre avec lequel vous partiriez ? Et si vous deviez choisir un album ?

Le titre ?

Baptiste : « Dennis Bowell qui est un chanteur et bassiste, et son titre c’est  « Rowing », un morceau de reggae anglais dub avec une partie chantée et un partie dub. Ça me plairait bien de l’avoir ! »

Martin : « You Are My Angel » de Massive Attack, ce n’est pas reggae mais c’est le morceau que je kiff en ce moment ! Est-ce qu’on a le droit d’en choisir 2 ? (rire) J’ajouterai Jah9 – « Steamers A Bubble ».

François : « Rockamovya – « The Bounty » un pur morceau ! »

 

L’album ?

François : « Steel Pulse – « Earth Crisis » »

Martin : « Burning Spear – « Slavery Days » »

Baptiste : « Si tu n’avais pas dit Burning Spear, j’aurai choisi son live à Montreux mais du coup, je vais choisir Groundation « Hebron Gate » (rire). »

 

LVR : Avez-vous un dernier mot pour les lecteurs ?

P : « Alive Aniway ! Big Up et merci de suivre la scène reggae en général. Il y a plein d’artistes à suivre, n’hésitez pas à suivre l’actualité de la scène française et internationale via les blogs ou la presse spécialisée, il y a beaucoup de groupes qui méritent d’être écoutés ! Merci à tous ! »

 

« Alive Aniway » est une pure dynamite ! On se régale au travers de 11 titres très bien produits, percutants qui appellent à l’ouverture d’esprit. Après l’excellent « Red » publié en 2012, ce premier album confirme tout le potentiel du groupe auvergnat. La voix de Martin rebondit à merveille sur des instrumentales bien lourdes, accompagnées par des cuivres et quelques pointes de rock. On a aussi la surprise de découvrir un superbe duo avec l’excellent chanteur Soul/Blues, Thomas Kahn (qui vient de sortir son premier EP sur le label Flower Coast). L’album de Paiaka est à écouter sans modération ! Je vous laisse avec deux titres en live acoustique filmés à la fin de l’interview : d’abord l’exquis « One Man Is Smiling » puis l’impeccable « Mi Mind». Encore un grand merci à Maxime d’iWelcom ainsi qu’à tous les membres de Paiaka et de Flower Coast.

 

« One Man Is Smiling » – live acoustique

« Mi Mind » – live acoustique

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3 réflexions sur “Paiaka, l’interview

  1. […] participé à la finale de la manche française de l’European Reggae Contest 2013 en compagnie de Paiaka et Jah Gaia. S’en est suivie une année 2014 riche en évènements, avec de nombreux concerts aux […]

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  2. […] conscients et positifs qui véhiculent des valeurs essentielles. Dans le même esprit que Martin (Paiaka), ou Mystic Loïc(Mystical Faya), Riwan nous envoûte avec un flow qui associe parfaitement des […]

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  3. […] Drifter s’inscrit dans la veine de groupes comme Irian, Christophe Rigaud and the High Reeds ou Paiaka. « Back To The Ground » est une très belle surprise sur tous les plans. Les bordelais rendent […]

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