Rencontre avec Flox

artiste reggae en France, Flox

Flox – Crédit Photo François Paul

A l’occasion de la sortie de son album « Homegrown » (dans les bacs depuis le 30 octobre), Flox m’a ouvert les portes de son studio pour une rencontre mémorable !

La Vie Reggae (LVR) : Salut Flox ! Merci d’avoir accepté cette rencontre. Peux-tu te présenter brièvement et retracer ton parcours musical ?

Flox (F) : « Je m’appelle Flox. C’est un surnom familial que je traine depuis bientôt quarante ans maintenant. Mon père était déjà musicien et acteur. Mon frère aussi joue de la musique. J’avais donc déjà un peu la fibre de la musique à la maison. J’ai commencé la musique à l’âge de 10 ans en autodidacte. J’ai d’abord joué de la batterie tout seul puis au sein de groupes de rock. Vers la vingtaine, j’ai monté des groupes de punk. Après je me suis ouvert aux musiques du monde. En parallèle, j’ai toujours écouté du reggae. Depuis, j’ai évolué musicalement et techniquement. J’ai toujours pensé que c’était cohérent de faire de la musique et aussi de maitriser l’enregistrement. Je n’ai jamais séparé les deux. Je suis passé par les 4 pistes à bandes, les 4 pistes K7, j’ai la chance d’avoir suivi l’évolution de la technique du son. J’ai commencé une carrière solo sous le nom de Flox, il y a 10 ans. J’ai sorti mon premier album fin 2006. Et aujourd’hui, j’en suis à mon cinquième ».

 

LVR : Quand on écoute tes albums, il y a plein d’influences, tu puises dans le reggae, la Jungle, le Hip-hop, le dub,… Comment définis-tu le « style Flox » ? 

F : « En tant qu’artiste, on est mal placé pour définir et parler de sa musique. C’est Nova qui a collé l’étiquette « Nu Reggae » sur ma musique. Aujourd’hui, j’entretiens cette étiquette car je le mets sur mon logo. Dans l’ensemble, je suis influencé par de vraies nouveautés dans la musique. A chaque fois qu’il y a un courant, je l’écoute et je m’en inspire. Mais, on ne doit pas trop s’éparpiller si on ne veut pas brouiller les pistes. C’est pour cela que cet album est un peu plus reggae que les autres. J’ai voulu un peu plus assumer le côté « nu reggae » ».

 

LVR : Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un album 100% reggae ?

F : « Je suis de nature à écouter les autres. Mon premier album, je l’ai fait entièrement tout seul. Avec le deuxième, j’ai commencé à impliquer des gens et à écouter les avis et les critiques. Au fur et à mesure, je faisais de plus en plus ça. Sur le dernier album « All Must Disapear », je me suis un peu écarté de ma route car je considérais trop les avis des autres. A force d’entendre des phrases du type « ah ce serait bien de jouer plus comme ci ou comme ça », je me suis un peu perdu… Sur cet album, j’ai voulu me recentrer sur ce que je voulais exprimer que ce soit musicalement ou textuellement. C’est aussi pour cela qu’il s’appelle « Homegrown » ».

 

LVR : Est-ce témoin de ton état d’esprit ?

F : « Après 5 albums, tu te demandes ce que tu peux encore raconter. Je suis très content d’avoir pris l’initiative de faire un album uniquement « nu reggae » bien que mes musiciens n’étaient pas très chauds au départ. Je leur ai demandé de me faire confiance. Au final, sur le contenu, on a des retours très positifs. Des radios comme FIP ou Nova diffusent des titres comme « Find some Joy ». Je suis plutôt enthousiaste et j’adore la pochette ! »

 

LVR : Tu composes tout seul, comment est-ce que ça se passe ?

F : « J’ai quelques dossiers d’idées où je pioche dedans des choses qui me plaisent. J’ai sorti « All Must Disapear » en 2012. Dans la foulée, j’ai commencé à écrire « Homegrown ». Je compose seul dans ce studio. Je fais venir mes musiciens si j’entends quelques choses que je ne peux pas faire. Par exemple, je vais jouer les parties de batterie et je vais faire venir Marco. Si sa version rend mieux, je garde. Je fais venir les musiciens mais la décision finale n’est pas qui joue mais ce que j’entends. Les musiciens sont cools avec ça. Je veux que le résultat corresponde à ce que j’attends. C’est pareil pour le mixage et le mastering. Tant que ça ne colle pas à mon fantasme, je continue ! J’ai mis entre 2 et 3 ans pour finaliser cet album. Et maintenant, je commence à réfléchir au prochain mais je ne fais pas que ça j’ai d’autres projets à côté ».

 

LVR : Quels messages véhicules-tu dans tes textes ?

F : « Je véhicule des messages de proximité. Le problème, c’est que tu véhicules un message auprès de gens qui sont d’accords avec toi. Il m’est arrivé de jouer à Monaco devant un public étranger qui n’en avait rien à faire de ce que je faisais. Je me suis dit c’est génial, je suis en train de chanter devant les bonnes personnes ! (rires). Je parlais d’individualité, de solidarité et de penser aux autres alors que j’étais devant des gens friqués qui vivent dans un autre monde. En plus, ils comprenaient ce que je disais et les messages étaient directement pour eux. Il faut essayer d’être bons avec les personnes qui sont juste à côté de nous pour régler les problèmes plus facilement. Mes chansons expriment souvent des sentiments et des réponses à des questions ».

 

LVR : Et justement, qu’exprimes-tu sur « Find Some Joy » ?

F : « C’est un des morceaux les plus dark de l’album ! C’est un texte chanté sur des notes majeures et avec le sourire. Cela donne l’impression que c’est un hymne à la joie alors que pas du tout. Enfin quelques part si : c’est l’hymne à la joie mais parce que c’est mort et qu’il n’y a plus d’espoir. Dans les cinquante prochaines années, je pense qu’il va se passer quelque chose de cataclysmique pour l’être humain (rires). J’ai plutôt tendance à être optimiste, mais là je ne sais pas. On vit dans une société de plus en plus violente… »

 

LVR : Est-ce que tu arrives à vivre de ta musique ?

F : « Sur mon deuxième album, il y a un morceau qui est passé à la radio qui s’appelle « Killing You and Me ». Tout le monde m’a dit ça y est c’est bon ! Mais mec si tu savais… Flox me rapporte la moitié de mes revenus. L’autre moitié provient de ce que je fais à côté en productions et collaborations. Depuis 2010, j’ai lancé ma boite de production pour essayer de vivre de ma musique. J’ai collaboré avec des artistes comme Vanupié et le prochain album de Mawyd. Je fais aussi des musiques pour des courts métrages. Je bosse si on me demande de faire à ma manière. Avant je bossais dans une maison de production où on faisait essentiellement ce que voulaient les gens mais ça m’a un peu écœuré. J’ai de la chance de pouvoir rester dans ce que j’aime faire ».

 

LVR : Comment s’est passée la rencontre avec Mawyd ?

F : « Au départ, ils m’ont contacté pour faire un titre ensemble. J’ai décliné l’offre même si je trouve que le chanteur a une voix juste incroyable. J’ai plutôt proposé au groupe de les accompagner dans leur projet. Nous avons passé deux semaines en résidence dans un studio. Je m’occupe du mixage et du mastering de leur prochain album. Il sortira l’année prochaine. Cela fait partie des choses que je fais à côté pour rester dans la musique ».

 

LVR : Vanupié prépare son deuxième album, est-ce qu’il t’a sollicité ?

F : « Bien sûr ! (rires) Je vais bosser sur son deuxième album. Entre temps, il a suivi une formation sur le logiciel que j’utilise (Digital Performer). Vanupié va bosser nettement plus en amont. Il va me donner des choses plus abouties. Dans le boulot de production, ce sera du 50-50 alors que sur son premier, c’était plutôt du 20-80 pour moi. J’essaie de tout faire pour qu’il soit plus autonome. Le but n’est pas de bosser mais de former les gens pour qu’ils sachent comment faire pour être maitre de leurs sons et de leurs productions ».

 

LVR : A t’écouter tu serais plus un coach ?

F : « Oui, j’aime bien cela parce que c’est quelque chose dont je suis sûr. La création musicale c’est assez flou, alors que niveau production : si tu me fais écouter un artiste même guitare-voix, je vais pouvoir te dire ce qui va et ce qui ne va pas. En France, il y a beaucoup de groupes qui jouent très bien du reggae. Le niveau, ils l’ont mais il faut bosser pour y être. J’ai envie d’aider les autres pour essayer de les rendre meilleurs ».

 

LVR : Un dernier mot pour les lecteurs ?

F : « Faites tourner ce blog parce que c’est un passionné qui le fait. Longue vie au reggae, il a encore des beaux jours devant lui ».

 

LVR : Si tu partais sur une île déserte, quel titre emporterais-tu ?

F : « Alors, je ne pourrais plus écouter que celui-là pendant le reste de mes jours… C’est dur… (rires). Je pense que je choisirais Pink Floyd « Time » sur l’album « The Dark Side Of The Moon » ».

 

LVR : Si tu partais avec un album ?

F : « Frank Zappa – « Roxy & Elsewhere », un album live, un double qui plus est comme ça j’aurai plus de titres à écouter ! (rires). Pour moi, cet album est une leçon de musique et de composition ! »

 

Ce 5e opus est en rupture avec ses précédents. En effet, il se distingue en mettant le reggae au cœur de son œuvre. De la pochette jusqu’à la qualité de ses textes et instrus, Flox ne laisse jamais rien au hasard. Il manie avec soin et perfection les mots et sons de chacune de ses compositions. Un album qui plaira à tous les fans de reggae, allant des plus confirmés aux amateurs de ce style musical. Pour juger par vous-même, retrouvez dès maintenant l’extrait « Find Some Joy » tiré de « Homegrown » en cliquant ici. Flox sera en concert le 11 mars prochain au Trabendo. Pour suivre toute l’actu de Flox, je vous invite à consulter son site officiel. Je vous laisse avec un petit extrait acoustique live du titre « Tight ».

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Une réflexion sur “Rencontre avec Flox

  1. Rencontre avec Mawyd | La Vie Reggae octobre 10, 2016 à 5:07 Reply

    […] avec délicatesse un ensemble d’influences variées, le tout sous la direction artistique de Flox ! On sautille sur des big tunes comme « Vampaya », « Reggae Religion » ou encore « Mr […]

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