Young Lords, l’interview

groupe de reggae français, Young Lords

Young Lords – Credit Photo Olivier Martino

Young Lords est le fruit d’une rencontre entre les univers d’Alex Keren, chanteur Soul/Pop et les musiciens reggae du Handcart Band. A l’occasion de la sortie de leur premier album intitulé « Rise », j’ai eu l’occasion de rencontrer Alex Keren (chanteur), Al (bassiste) et Titi (guitariste).

La Vie Reggae (LVR) : Pour commencer, pourrais-tu te présenter brièvement ?

Alex Keren (AK) : « Je suis français, d’origine anglaise et péruvienne. J’ai fait un album en 2010 chez Underdog Records que je défendais un peu partout en France. Lorsque j’étais au Mas Des Escaravatiers, j’ai fait la première partie de Yaël Naim. Le lendemain matin, Al est venu me voir pour me présenter ce qu’il faisait avec le Handcart Band. Il a aimé ce que je faisais et m’a proposé de collaborer. Il m’a envoyé différents riddims. J’ai posé sur un premier titre qui s’appelle « Youth » et que l’on retrouve sur l’album. A partir de là, on a commencé à travailler ensemble en collaboration dans l’écriture et la composition ».

 

LVR : Tu as d’abord commencé dans la pop, non ?

AK : « Mon premier album « Walking On » sorti en 2010-2011, a été plus catalogué Soul / Pop mais j’ai grandi avec toute sorte de musique. Ma mère était danseuse classique, mon père chanteur d’Opéra et ma sœur fan de soul style Motown. C’est elle qui m’a un peu éduqué à la musique moderne : rock, blues, soul, jazz et bien évidemment le reggae. A ce moment-là, j’avais décidé de faire un album plus pop soul. J’ai toujours rêvé de faire un album reggae mais je n’ai jamais eu la chance de pouvoir m’entourer d’une équipe ou de rencontrer les bonnes personnes. Donc, avec les Handcart, c’était une opportunité en or. Quand j’ai écouté ce qu’ils faisaient, j’ai été emballé ».

 

LVR : A votre tour, pouvez-vous me présenter les Handcart ?

Handcart (Al / Titi) : « Depuis 2004, nous sommes un backing band qui accompagne les artistes jamaïcains lors de leurs tournées en Europe. Il y a eu les Abyssinians, Mighty Diamonds, Pablo Moses, Linval Thompson, Dennis Alcapone et bien d’autres. Nous produisons aussi des one riddims ou des singles sur notre propre label et avons participé à l’album « Ghetto Living » de Linval Thompson sorti en 2010 chez Makasound. L’expérience de backing nous a permis d’acquérir des compétences dans le business et la musique, maintenant nous avons eu envie d’approfondir et de travailler pour nous. Il manquait juste la personne avec qui ça pouvait coller pour partir sur un projet à long terme. Quand Al a fait écouter au groupe le premier morceau d’Alex, nous sommes tous tombés d’accord ! C’est la première fois que collectivement, nous avons eu envie de bosser tous ensemble. Alex est descendu 3 jours à Marseille et c’est là que l’album a vraiment commencé à naitre. C’est un des projets les plus cohérent et abouti ».

 

LVR : Comment a été conçu l’album ?

AK : « Lorsque je suis descendu à Marseille, on a commencé à travailler ensemble en collaboration dans l’écriture et la composition. Tout s’est fait assez naturellement entre Paris, Marseille et Londres. C’était un travail collectif. Al avait des petites idées de mélodie, de refrain, ou de thème. On partait de là pour construire les morceaux. Puis, j’arrivais à traduire nos idées en anglais. J’avais aussi parfois quelques grilles d’accords qu’ils ont réarrangées à leur sauce. C’était un échange musical autant dans les thèmes que dans la musicalité ou les mélodies ».

 

H : « Nous avons eu envie de faire quelque chose de plus personnel : se faire plaisir tout en assumant le projet de A à Z. Finalement, c’était un projet tellement collectif qu’il fallait que cela ait un nom de groupe pour le défendre comme un groupe. C’est un apport de chacun et la rencontre de tous ces univers qui ont donné vie à cet album. Depuis le début nous avons pris notre temps pour faire les choses de façon cohérente. Nous avons sorti un EP au mois d’octobre avec les deux clips de « Humble » & « Under The Sun » pour commencer à installer notre nom et notre musique ».

 

LVR : Justement, pouvez-vous expliquer le choix du nom Young Lords ?

Young Lords (YL) : « Young Lords c’est le nom d’un mouvement un peu comme les Black Panthers mais du côté Sud-Américain. C’est donc un petit clin d’œil. Et puisque la musique est un cross over entre le reggae et la soul, nous voulions aussi marquer le coup vestimentairement. Cela nous allait bien de défendre cet album avec un mélange de style un peu classe et élégant. Cela correspondait bien à cette image là et à notre musique. L’apport des cuivres fait par Jérémy, notre tromboniste, vient aussi renforcer le côté classe et délicat de nos arrangements ».

 

LVR : De quoi parlent vos textes ?

YL : « Il y a des sujets légers, des sujets plus profonds, personnels et de conscience sur l’état humain avec toujours la bataille pour la survie de tous les jours. Sur chaque titre, il y a cet espoir qui revient. Il est essentiel de rester positif et d’amener de l’amour parce que cela fait partie de notre nature. Nous voulons aller de l’avant et naturellement c’est ce que nous mettons dans nos textes ».

 

LVR : Pouvez-vous expliquer le titre de l’album « Rise » ?

YL : « En restant positif et en gardant la tête haute malgré des temps parfois difficiles, on arrive à trouver des solutions aux différents problèmes que l’on peut avoir dans la vie. Le titre vient du morceau « Rise » car il reflète bien notre pensée. Sur ce morceau, il est question des frontières, qu’elles soient d’ordre physique (entre les pays), d’éducation, culturelle ou de religion. Le refrain exprime le fait de continuer à survivre tout en restant positif à travers la tempête et les frontières ».

 

LVR : Pouvez-vous parler de la collaboration avec Dennis Alcapone ?

YL : « Sur l’album c’est le seul featuring, c’était aussi une volonté de notre part. Avec nos contacts, nous aurions pu en mettre d’autres mais ce n’était pas le but. Nous voulions construire un projet qui nous représente. A la base, le riddim de « Rockin’It » avait été fait juste après la tournée avec Dennis Alcapone. Nous ne l’avions pas fait pour lui mais dans cet esprit-là parce que nous avions vraiment aimé la tournée avec lui. Cela correspondait à un style un peu à l’ancienne. Nous avons fait passer le riddim à Alex. Puis, quand on a écouté sa version, on a tout de suite pensé à Dennis Alcapone ! Grâce à un ami d’Alex qui a un studio à Londres, on a pu faire les prises de voix. C’est une combinaison qui marche très bien. On rêve de pouvoir la faire sur scène avec lui ».

 

LVR : Quels sont vos projets à venir ?

YL : « Il y a bien sûr une tournée qui est en train de se caler avec différentes dates. On a fait notre release partie le 19 mars, puis on va jouer à Marseille, Lyon, Nice… Nous venons de tourner le clip de « Rise », qui sortira d’ici un mois environ. Puis, nous pensons déjà au prochain album. Nous avons déjà 3-4 titres dont deux que nous jouons déjà sur scène ».

 

LVR : Peut-on espérer voir l’album sortir en vinyle ?

YL : « On aimerait bien ! Pour l’instant notre projet est encore en développement. C’est nous qui poussons le projet de la production de l’album jusqu’à la communication. En tout cas, cela correspondrait bien à l’image et à notre son, donc on y pense ! ».

 

LVR : Un dernier message à faire passer aux gens qui lieront cet article

YL : « Venez nous voir en concert parce que ce sera une autre expérience ! L’album est une chose mais sur scène nous essayons de donner quelque chose de différent musicalement. Nous travaillons dans l’optique de ne pas répéter le CD sur scène.  En ces temps difficiles, gardez l’esprit positif et continuez d’avancer ! »

 

LVR : Si vous deviez partir sur une ile déserte, quel titre emmèneriez-vous ?

Al : « Midnight Ravers » de Bob Marley »

Titi : « Un morceau de la compilation « Reggae Loves Soul » : « If Loving You Is Wrong » de Turbulence »

Alex : « J’ai des morceaux de Bob Marley, des Gladiators ou de Jimmy Hendrix qui me viennent à l’esprit. Je dirais « Mix Up » des Gladiators ».

 

Le groupe apporte un souffle original au reggae, en mariant la chaleur du reggae épuré des Handcart au charme de la voix d’Alex Keren. Sa voix Soul et Pop se pose avec légèreté sur de savoureux rythmes reggae root’s teintés de cuivre et de sonorités variées. Tout au long de ces 12 morceaux, Young Lords offre un voyage musical envoutant et cohérent où l’ennuie n’a pas sa place. Tout est maitrisé avec soin : les arrangements, les harmonies vocales, la musicalité des textes et la qualité des compositions. Le groupe nous plonge dans les 70’s, avec de superbes productions comme « Grab It », « Eyes On You », ou encore « Rise ». Le ska est aussi de la partie avec le virevoltant « Someone Else ».

Un grand merci à Alex, Al et Titi pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer ainsi qu’à Max pour l’organisation de l’interview ! Je vous laisse avec une version acoustique inédite de « Under The Sun » ainsi que le clip officiel de « Humble ».


« Humble »

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Une réflexion sur “Young Lords, l’interview

  1. […] pour leurs tournées européennes (Linval Thompson, The Abyssinians, Pablo Moses…) Avec Young Lords, les musiciens du Handcart Band exprime pleinement leur créativité musicale. Les musiciens ont […]

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