Rencontre avec Mawyd

artiste reggae français, Mawyd

Le groupe Mawyd (crédit photo: Mawyd)

A l’occasion de la sortie de « Plant The Seed », le nouvel album de Mawyd, j’ai eu le plaisir de rencontrer le chanteur/guitariste, Vincent et les deux choristes du groupe, Emilie et Laura.

La Vie Reggae (LVR) : Bonjour, et merci d’avoir accepté l’interview, peux-tu commencer par une petite présentation du groupe ?

Vincent (V) : « Nous nous sommes rencontrés dans une école de musique. Je faisais une section jazz avec deux autres personnes du groupe (le bassiste et le guitariste) et j’avais retrouvé tout le groupe la dedans. J’ai voulu monter un groupe de reggae et du coup, ça s’est fait dans cette école. En tout, nous sommes 8 : 7 sur scène et Luka notre ingénieur du son. Il y a 2 choristes, 1 clavier, 1 guitariste, 1 bassiste, 1 batteur et moi-même avec le chant et une guitare ».

 

LVR : Peux-tu nous expliquer le choix du nom : Mawyd ?

V : « C’est un assemblage de lettre qui a donné Mawyd. Nous devions faire un concert pour la fin d’année. Pour démarrer le groupe, on a donné une lettre chacun. Nous n’étions que 5 à l’époque, il n’y avait pas encore les choristes. J’ai commencé avec un M, puis le second A…puis W, notre batteur Big Daddy nous avait dit Y et D. Du coup ça a donné Mawyd. On trouvait ça délirant au début du coup on l’a gardé ! On a hésité fortement parce qu’on ne revendique pas plus que ça le fait de s’appeler Mawyd et de jouer sur la ganja. D’ailleurs dans l’album, on n’en parle pas du tout. Ça peut paraitre mais en fait on ne le fait pas du tout ».

 

LVR : Comment définis-tu votre reggae ?

V : « J’ai des influences reggae et jazz. Les autres musiciens apportent un peu de funk, de rock et un peu de soul avec les filles. Cela donne un reggae funk soul avec des ambiances parfois un peu Toots, puis des fois Groundation. Nous essayons de donner un peu de tout en matière de reggae pour rester assez éclectique. Celui qui aime le reggae peut s’y retrouver et celui qui n’aime pas peut également s’y retrouver : il y a des influences plus funky, un peu soul, il y a aussi du reggae roots mais c’est parfois un peu pêchu (comme sur « Our Love »). Notre marque de fabrique c’est donc un reggae funk soul ».

 

LVR : Parlons un peu de votre deuxième album, quelles sont les évolutions par rapport à « Look At The Tree » ?

V : « Au niveau du son déjà, nous avons souhaité amener une touche moderne tout en gardant un enregistrement analogique au Studio Des Collines avec Bernard Indeau. Nous avons travaillé avec Flox pour obtenir ce petit côté moderne. Nous voulions plus de rigueur dans notre travail, c’est aussi pour cela qu’on a travaillé avec lui en résidence. Nous voulions voir comment il bossait en studio. Il nous a beaucoup aidé, et moi notamment avec les accents toniques pour l’anglais (il est anglais). Il a été un bon guide ».

 

LVR : Comment s’est faite la rencontre avec Flox ?

V : « Cela s’est fait bêtement par internet. Au départ, on pensait éventuellement faire un featuring mais on ne savait pas trop exactement. On lui a envoyé notre album. Il a écouté et nous a envoyé un mail avec tout ce qu’il pensait dessus, autant les défauts que les qualités. Sans le vouloir, il s’est investi dans le projet. Puis, il nous a dit qu’il travaillait dans le son avec Flox Production. Nous nous sommes intéressés à sa manière de travailler. Ça nous a plu, du coup nous sommes partis avec Flox dans l’aventure ! Nous avons passé une semaine en résidence puis il était avec nous à toutes les sessions studio, c’était vraiment cool et enrichissant ».

 

LVR : Pourquoi le titre « Plant The Seed » ?

V : « C’est par rapport au morceau, on a eu plein de possibilités et on est resté sur « Plant the Seed » pour que tout le monde soit d’accord. Un peu comme sur « Look At The Tree » qui était également le morceau éponyme de notre album précédent. C’était une belle image du nouvel album. C’est un message d’espoir où je dis que c’est toujours difficile mais qu’il faut toujours croire en son étoile ».

 

LVR : Quels sont les messages que vous véhiculez dans vos textes ?

V : « Il y a des thèmes personnels comme « Our Love » qui parle de la rencontre avec ma femme suivi de « My Child » car je suis devenu papa. Ensuite, j’aborde un panel de sujets. « Reggae Religion » est une chanson légère sur un air assez Gospel où l’on dédramatise la religion, car c’est un sujet assez compliqué aujourd’hui. « Simple Dream » est un message un peu utopiste ou l’on aimerait bien que tout le monde soit rassemblé sans forme de différences. « Don’t You See » est un message d’espoir (un peu comme « Plant The Seed ») : le soleil brillera pour toi un jour. « Color Of Peace » est un hommage à Nelson Mandela. Cette chanson a été écrite avec le pianiste, Steve. Suite à la mort de Mandela, nous voulions absolument marquer le coup en lui dédiant une chanson. Il y a aussi un interlude Soul, parce qu’il est essentiel que nos choristes aient une place importante dans ce groupe. Les musiciens sont dans le groupe, ce n’est pas un chanteur et les musiciens derrière. Nous sommes un groupe et ce passage permet de mettre à l’honneur nos choristes. Enfin, « Wake Up & Live », est un choix de ma part parce que je suis fan de Bob Marley. Il était important d’en placer une sur un des albums. On en a fait une version en acoustique assez original. On espère que ça plaira au public ».

 

LVR : Peux-tu nous parler des featurings ?

V : « Marcus Urani et Kim Pommell nous ont fait l’honneur d’être sur « Vampaya ». Kim Pommell est choriste de Groundation et assure le lead du groupe Rising Tide tandis que Marcus est le pianiste des deux groupes. On a joué avec eux cet été et un clip de « Vampaya » vient de sortir. Puis il y a « Mr Politician » avec General Levy. J’ai écrit ce texte à la suite de la crise des subprimes. Quand on a parlé de l’idée du message qu’on voulait passer à Général Levy, il a accepté tout de suite de collaborer. Le morceau était sorti en vinyle mais on voulait absolument la mettre sur l’album pour que les gens qui n’ont pas de platine puissent l’écouter dans leur poste. L’album se referme sur la version dub entièrement faite par Flox. Vu qu’il a fait le mix et le master de notre disque, on trouvait normal que le dub soit réalisé par lui ».

 

LVR : Comment se sont passées les rencontre ?

V : « Nous sommes de la région de Bordeaux. L’un des avantages c’est que nous ne sommes pas loin du Reggae Sun Ska. Notre batteur travaille tous les ans pour le festival. J’y travaillais aussi. Grace à cela, nous avons fait beaucoup de rencontres notamment Don Carlos, General Levy ou Groundation. À chaque fois, que Groundation vient à bordeaux on va les voir. Il semblait logique de faire des choses avec eux ».

 

LVR : Peux-tu parler de la pochette d’album ?

album reggae français, Plant The Seed Mawyd

« Plant The Seed »

 

V : « Oui c’est un graphisme réalisé par Ben Hito. Il est assez connu et a fait des visuels pour Lone Ranger, George Clinton ou Horace Andy. Il a une sacré touche et on est super heureux qu’il ait accepté de faire le graphisme de notre second album. Il s’est aussi occupé des T-shirts et des banderoles. Tout ce qui sortira sera de Ben Hito. Nous avons bien choisi l’ensemble des personnes avec lesquelles nous avons travaillé : Flox, Bernard Indeau et le Studio Des Collines, Khanti Records et Harmonia Mundi pour la distribution. Nous sommes fiers du résultat et nous avons hâte de le présenter au public  ».

 

LVR : Quels sont les projets à venir ?

V : « Quelques dates arrivent : le 15 novembre à Talence avec Soul Drifters puis le 26 novembre au L’Aïon Bar  à La Rochelle. C’est le bar dans lequel le clip « Reggae Religion » a été tourné. D’autres dates vont se caler tranquillement dans les semaines à venir ».

 

LVR : Un dernier mot ?

V : « Venez nous voir en live, n’hésitez à partager Mawyd ! Un grand merci à vous d’être de plus en plus nombreux à nous suivre Big Up ! »

 

LVR : Si vous partiez sur une ile déserte, quel morceau emmèneriez-vous ?

Emilie : « Funkier Than A Mosquito’s » de Nina Simone

Laura : «  Winston Mc Anuff : « Paris Rockin’ » »

Vincent : « Bob Marley – « Lively Up Yourself » »

 

Après le convaincant « Look At The Tree », Mawyd élève encore son niveau avec ce second opus. Tout a été calibré au millimètre. Vincent et ses choristes nous envoûtent sur des instrus bien construites mêlant avec délicatesse un ensemble d’influences variées, le tout sous la direction artistique de Flox ! On sautille sur des big tunes comme « Vampaya », « Reggae Religion » ou encore « Mr Politician ». On s’envole avec les excellents «Plant de Seed », « A Simple Dream » ou « Color Of Peace » sans oublier la très belle adaptation de « Wake Up & Live ». La sauce « reggae got soul’n funk » de Mawyd prend sur les 11 titres de l’album. Je vous laisse avec deux extraits acoustiques interprétés par Vincent, Emilie et Laura « Reggae Religion », puis « A Simple Dream ». Encore un grand merci à Mawyd pour le temps qu’ils m’ont consacré ainsi que les extraits acoustiques ! Big Up à Maxime d’iWelcom pour l’organisation!

 


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Une réflexion sur “Rencontre avec Mawyd

  1. […] Enfin, certains ont dévoilé leur second disque à l’image de Mystical Faya, Soul Sonics ou Mawyd. Voici les 5 albums que je retiens en 2016. Et… cela a été un véritable […]

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