Rencontre avec Delphine

artiste reggae français, Delphine

Delphine – « Blue Soul »

A l’occasion de la sortie de son premier album « Blue Soul », j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Delphine. Récit d’une rencontre captivante…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vie Reggae (LVR) : Bonjour Delphine, tout d’abord merci d’avoir accepté cette interview. Peux-tu commencer par te présenter brièvement ?

Delphine (D) : « Je m’appelle Delphine. J’ai commencé la musique très tôt. Je dis souvent « trop petite pour ne pas m’en souvenir ». Comme j’étais bonne élève à l’école, je voulais faire pareil dans la musique pour en faire mon métier. J’ai tout de suite intégré des écoles de chant ou des chorales. J’aimais bien aussi la danse et le théâtre. Cela fait partie du même milieu artistique. Je sors mon premier album qui sortira en physique le 31 mars et qui est disponible depuis le 10 mars en version digitale. C’est un mélange de ce que j’ai l’habitude d’écouter depuis toujours et que j’ai voulu mixer dans un seul et même album : reggae, soul, funk, pop. »

 

LVR : Comment le reggae en est venu à toi ?

D : « La musique reggae vient du jazz, de la soul et du gospel. Ce sont des musiques que j’écoutais beaucoup avec ma famille. Mon oncle écoutait beaucoup de jazz mais aussi du reggae. Ce sont des univers dans lesquels je baigne depuis l’enfance. Le reggae était donc un choix naturel. Cette musique me touche, m’inspire et me fait vibrer. Ce qui ne va pas forcément m’arriver avec d’autres styles de musique. »

 

LVR : Peux-tu nous parler de ton parcours ?

D : « J’ai intégré des groupes avec lesquels on faisait essentiellement du cover. J’avais du mal à trouver ma place parce que j’ai du mal à interpréter les chansons des autres. Quand ce n’est pas sa propre histoire, c’est vraiment difficile à raconter. J’ai commencé à écrire quelques trucs jusqu’à ce que je rencontre Tony Nephtali. Au départ, j’étais sa choriste. Il a vu que j’avais des choses à dire et des valeurs à défendre. Il m’a donc proposé d’écrire des couplets. J’en ai donc écrit un, puis deux jusqu’à ce qu’on finalise ce premier album ensemble. »

 

LVR : Pourquoi as-tu choisi de garder ton prénom comme nom de scène ?

D : « J’ai longtemps cherché comment je pourrais m’appeler. Au final, je ne trouvais pas. Le peu de fois où j’ai trouvé, je n’imaginais pas qu’on puisse m’appeler par un autre prénom. Pourquoi devrais-je prendre un autre nom ? C’est ma vie que je raconte sur scène. Faut-il qu’on soit différent sur scène et dans la vie ? Je suis peut-être légèrement différente sur scène mais au fond je reste la même personne. Donc, j’ai décidé de garder mon prénom. »

 

LVR : En 2011, une major t’a proposé une collaboration, pourquoi l’as-tu refusée ?

D : « Au départ, j’ai commencé à travailler avec eux. On a enregistré trois chansons ensemble. Tout s’est passé très vite. Je travaillais avec un auteur qui d’après mes histoires écrivait les textes. Un jour ils m’ont appelé pour me proposer un rendez-vous avec le directeur artistique. Les  chansons collaient à ce que je faisais mais musicalement je ne me sentais pas à l’aise. J’en ai bien discuté avec eux et nous nous  sommes quittés en bons termes. En plus, je venais d’intégrer un groupe de reggae qui me faisait totalement vibrer. »

 

LVR : Tu as signé chez Tuff Gong Records, comment ça s’est passé ?

D : « Cela s’est déroulé à la fois lentement et rapidement. Mon projet était bien ficelé. Je savais où je voulais aller, ce que je voulais en faire et avec qui j’allais travailler. J’ai présenté un projet de plusieurs pages à Tuff Gong. C’était une sorte de CV qui résumait mon parcours et ma formation ainsi qu’une forme d’interview pour expliquer ma démarche et ma passion pour le reggae. Du coup, les jours et les mois se sont écoulés jusqu’au jour où on a reçu un email disant juste : « I Love It ». Après cela a été très rapide. J’ai signé le contrat avec le label de la famille Marley. Cela a été une véritable bénédiction ! »

 

LVR : Qu’est ce qui se cache derrière le titre de l’album « Blue Soul » ?

D : « Ce n’est pas réellement de la soul que je fais puisque c’est un mélange de différents styles. Bleu c’est tout simplement ma couleur préférée. J’ai donc décidé d’appeler ce mélange « Blue Soul » comme si j’imposais mon propre style. On cherche toujours à nous mettre dans des cases : blues, soul, funk, reggae, pop… Je fais de la « Blue Soul » : un mix de tout ça ! »

 

LVR : Peux-tu nous parler de la composition de cet album ?

D : « Il a été fait majoritairement en France. Je travaille pratiquement toujours avec les mêmes musiciens. Je les ai quasiment tous rencontrés au début avec Tony. Ce sont ces musiciens qui ont travaillé sur les compositions. Puis, j’ai fait travailler d’autres musiciens pour les enregistrements. J’ai notamment fait intervenir les musiciens du groupe Colocks. Ensuite, j’ai appelé des musiciens qui tapent dans leurs styles pour respecter la tonalité des morceaux. Par exemple pour les morceaux plus pop, j’ai demandé à Olivier Baldissera. On a toujours travaillé dans le même studio sauf pour le dernier morceau « Winning Race » qui é été enregistré en Jamaïque. »

 

LVR : Que retiens-tu de cette expérience au studio Tuff Gong ?

D : « Ce n’est pas toujours facile de se faire respecter en tant que femme dans ce milieu. En Jamaïque, il y a eu un profond respect de mon travail en studio. Ils considèrent que si tu chantes sur un morceau, c’est que tu connais le morceau et la ligne de basse. Les musiciens ne s’imaginent pas que tu es une simple interprète comme j’ai pu le vivre en France. Il y avait un musicien qui se tournait systématiquement vers les musiciens alors qu’en Jamaïque les musiciens attendaient toujours mes instructions. Pour l’anecdote, le jour de l’enregistrement de « Winning Race », j’ai eu l’honneur de croiser et d’échanger quelques mots avec Usain Bolt, de passage au studio ! »

 

LVR : De quoi parle l’album ?

D : « De plein de choses ! J’ai du mal à cibler un seul sujet dans mes chansons. J’essaie de coupler quelque chose de sentimental avec une expérience que j’ai vécue pour que les gens arrivent à s’identifier. « Pon The Road » raconte les voyages que j’ai faits. Sur « Music », j’ai mélangé une expérience que j’ai vécue à Madagascar où j’ai partagé des instants de musique avec les gens. « Sunshine » parle tout du soleil parce qu’il en manque ici ! Elle est toute simple mais peut donner la pêche le matin ! Il y a aussi quelques chansons d’amour. Je ne parle pas directement de moi, j’essaie d’être assez évasive parce que je n’aime pas rentrer dans le sujet ».

 

LVR : Si tu devais défendre un seul titre de ton album, lequel choisirais-tu ?

D : « C’est difficile, j’aime tous les morceaux ! Il y a une vraie homogénéité entre tous ces morceaux avec une chronologie assez subtile. Même si musicalement ce n’est pas forcément celui que je préfère, je dirais « Love From Heart ». J’y suis particulièrement attachée. Elle parle du fait d’être parent. Il n’y a rien de plus important que l’éducation pour moi. C’est la base de mon combat. »

 

LVR : Quels sont tes projets à venir ?

D : « Il y a bien sûr des dates de concert à venir : le 31 mars à Nilvange (Moselle) pour la release party, le 13 avril (Paris) ou encore le 13 mai au Sunshine Reggae Festival à Lauterbourg (Bas Rhin). Toutes les dates sont à retrouver sur le site ou sur la page Facebook. On attaque le deuxième album avec Tuff Gong qui devrait venir assez vite. Tout est écrit, il reste à passer en studio ! »

 

LVR : Si tu partais sur une île déserte : quel titre emmènerais-tu avec toi ?

D : « Bob Marley « Redemption Song »

 

LVR : As-tu un dernier message à adresser aux lecteurs ?

D : « J’espère que chacun trouvera quelque chose de positif en écoutant tel ou tel titre y compris dans les titres les plus mélancoliques. Que cela puisse soutenir des gens qui sont dans le malheur. Merci beaucoup ! »

 

Delphine nous dévoile un premier album qui marque son identité musicale. « Blue Soul » s’inspire de différents styles musicaux qui ont bercés l’enfance de Delphine et qui continuent à la guider et à l’inspirer. Vous ne pourrez pas rester insensible à la douce et puissante voix de Delphine ! N’hésitez pas à surveiller les dates de concerts et à découvrir l’album d’ores et déjà disponible en version digitale et qui sortira dans les bacs le 31 mars prochain. Je vous laisse avec une version acoustique inédite de « Music » interprétée par Delphine et accompagné par Tony Nephtali à la guitare. Retrouvez plus d’informations sur le disque et d’autres morceaux sur le site officiel de Delphine.

Un grand merci à Delphine et Tony pour le temps qu’ils ont accepté de me consacrer ainsi qu’à Max pour l’organisation.

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