Rencontre avec Marcus Gad

Chanteur reggae français, Marcus Gad

Marcus Gad

En marge de la cérémonie d’ouverture de l’exposition « Jamaica, Jamaica » à la Philharmonie de Paris le 3 avril dernier, j’ai eu le plaisir de rencontrer Marcus Gad pour évoquer la sortie de son premier album « Chanting ».

La Vie Reggae (LVR) : Bonjour Marcus, merci d’avoir accepté cette entrevue. Pourrais tu démarrer par une petite présentation ?

Marcus Gad (MG) : « Je m’appelle Marcus Gad, je suis originaire de la Nouvelle Calédonie que je viens représenter musicalement en métropole. Mes deux premiers EPs ont été enregistrés chez moi. Il y a d’abord eu « Soul Talk » en 2015 puis « Purify » en 2016. Mon premier album « Chanting » est disponible depuis le 14 avril dernier. Il sera appuyé par une tournée française et européenne jusqu’en octobre ».

 

LVR : D’où vient ton nom de scène ?

MG : « Marcus c’est mon vrai prénom et Gad c’est le mois de novembre dans les 12 tribus d’Israël. Pour la petite anecdote, la première fois que je suis allé en Ethiopie, un petit enfant rasta m’a demandé de quelle tribu j’étais. Je ne savais pas trop quoi répondre et il m’a alors demandé de quel mois j’étais. Je lui ai dit novembre et il m’a répondu « Tu es Gad ». Cela m’a marqué et c’est resté. »

 

LVR : Peux-tu retracer brièvement ton parcours musical ?

MG : « J’ai commencé la guitare et le chant vers 15 ans. La musique a toujours occupé une grosse place dans ma vie. Je me suis vraiment lancé quand je suis venu faire ma première année d’étude en France. J’ai commencé à jouer dans la rue un peu partout en France (Paris, Montpellier,…) Suite à cela, j’ai rencontré Ugo qui m’a présenté des musiciens. On a fait une première série de concerts en 2012. Ensuite, je suis parti en voyage pendant 4 ans avant de rentrer en Nouvelle Calédonie pour enregistrer les deux premiers EPs. »

 

LVR : Comment as-tu découvert le reggae ?

MG : « Chez nous le reggae c’est un peu la musique nationale. Le reggae passe à la radio ou à la télé. Dès l’enfance, sans être particulièrement dans le reggae, nous sommes bercés par les grands classiques du root’s : Bob Marley, Culture, Burning Spears, The Gladiators… Mais je pense que pour vraiment comprendre cette musique, cela demande peut-être un peu plus de maturité. Je me suis vraiment mis au reggae vers 17 ans. »

 

LVR : Comment tu définis ta musique ?

MG : « C’est du « Deep Root’s ». Pour moi, la musique c’est quelque chose de sacré. Il y a toujours un côté assez profond dans ma musique avec une touche inhérente de spiritualité dans la majorité des sujets que j’aborde. »

 

LVR : Tes voyages ont eu une grande influence sur ta musique, peux-tu nous en parler ?

MG : « Dans mes chansons, je parlais beaucoup d’écologie ou de recherche d’un mode de vie alternatif pour essayer de faire les choses différemment. Je ressentais le besoin d’être en accord avec ce que je chantais. J’ai donc décidé de partir à la rencontre de gens qui appliquaient ce mode de vie au quotidien. J’ai eu l’envie de découvrir différentes cultures et traditions pour pouvoir mieux en parler. Ces voyages ont énormément influencé ma musique. Je parle beaucoup de ces rencontres dans mes chansons. Je continue d’ailleurs de voyager entre les tournées dès que j’ai le temps pour continuer à cultiver cela. »

 

LVR : Peux-tu expliquer le choix du titre de l’album : « Chanting » ?

MG : « C’est le titre de la première chanson de l’album. A la base, c’est une chanson que je joue en introduction de tous mes concerts. Pendant longtemps, je me suis dit que je ne l’enregistrerais pas et qu’elle resterait cette chanson d’intro. Puis finalement, comme elle a marqué beaucoup de gens, j’ai décidé de l’enregistrer. Chanting signifie Psalmodier en anglais, c’est-à-dire chanter un psaume pour une raison religieuse ou spirituelle. J’ai appelé l’album ainsi car ce terme correspond bien à ce que je ressens. »

 

LVR : Sur la pochette de l’album, il y a de nombreux symboles, peux-tu nous en dire un peu plus ?

album reggae français, Marcus Gad Chanting

Cover « Chanting »

MG : « Nous avons mis un peu tous les symboles de notre pays pour représenter l’identité tribale de la Nouvelle Calédonie (Kanaky). Il y a le drapeau Kanak, la case traditionnelle, les cerfs, l’igname (la plante sacrée des kanaks) ou encore les pétroglyphes. Ces derniers sont des dessins gravés dans des rochers que l’on trouve un peu partout chez nous et dont on ne connait pas les créateurs. Au niveau du design général de la pochette, c’est le croisé de plusieurs choses. Dans la tradition kanake, les histoires étaient dessinées sur des bambous, qu’on appelle les bambous gravés. Le style des bambous gravés est très linéaire parce que lorsque tu graves un bambou, tu ne peux pas vraiment faire de courbes. Après, le dessisaussi associé au design que tu trouves sur ce qu’on appelle les tapas. Ce sont des étoffes d’écorces battues qui étaient décorées à l’ancienne. Elles sont données lors des coutumes en guise de bienvenue quand tu arrives dans une tribu. »

 

LVR : Vous avez enregistré en fréquence 432Hz, peux-tu expliquer la particularité de cette fréquence ?


MG :
« Toute la musique qu’on entend aujourd’hui est figée à la fréquence 440 Hz. Cela signifie que la note « la » est fixée à cette fréquence. Il y a un tas de recherches qui ont été faites par rapport à la fréquence 432Hz estimant qu’elle résonne différemment. Les fréquences entrent en résonance avec la matière et la font vibrer d’une certaine manière. On dit que la 432 Hz serait plus propice au corps humain. J’ai parlé de cette histoire à mon ingénieur du son. Nous avons testé dès le premier EP. Nous avons tous les deux remarqué une différence. J’arrivais beaucoup mieux à toucher certaines notes. Et lui en tant qu’ingénieur du son sentait une différence au niveau du mix. Depuis, toutes les productions ont été enregistrées en 432Hz et on l’utilise en live. »

 

LVR : Quels sont les thèmes que tu abordes dans tes textes ?

MG : « J’aborde beaucoup de thèmes différents. Il y a des chansons sur lesquelles j’évoque la culture de chez moi et la manière dont vit le peuple kanak. Je pense que nous avons beaucoup de choses à apporter et à partager pour adopter un mode de vie plus naturel. J’aborde aussi des thèmes universels qui touchent tout le monde et essaient d’éveiller un sentiment spirituel plus profond. »

 

LVR : Comment t’es venu l’idée du morceau « Keep Cool » ?

MG : « L’idée m’est venue en lisant la biographie de Marcus Garvey. Lorsqu’il était en prison à Atlanta en 1927, il avait écrit un poème qui était destiné à devenir une chanson. Il s’appelait « Keep Cool ». Du coup, je me suis dit que ça faisait un titre de reggae ! En plus de 50 ans d’histoire du reggae, il y a bien quelqu’un qui avait fait cette chanson. Je me suis mis à rechercher sur internet une version de « Keep Cool ». J’ai cherché mais je n’ai rien trouvé… Quand j’ai lu les paroles, la mélodie m’est venue immédiatement. On a fait cette chanson pour qu’elle puisse vivre encore un peu. »

 

LVR : Il y a un seul featuring sur l’album, peux-tu nous en parler ?

MG : « A7JK fait partie des groupes les plus respectés de la Nouvelle Calédonie. Avec Jean-Yves, le chanteur du groupe, nous sommes amis et partageons la musique depuis plusieurs années. Nous avons fait pas mal d’actions culturelles pour rassembler, car chez nous il y a encore de grands clivages entre les différentes ethnies. Nous avons eu beaucoup de succès avec nos duos car les gens voient en nous une forme de destin commun. Jean Yves vient d’une tribu Kanake et moi je suis blond aux yeux bleus. Nous représentons les deux extrêmes opposés du pays. Quand nous chantons ensemble, cela fait tomber les barrières entre les différentes ethnies. Nous avons fait beaucoup de concerts qui ont réussi à rassembler et mélanger les gens du pays. C’était vraiment important que Jean-Yves soit sur cet album. D’ailleurs, c’est aussi lui qui récite une petite prière sur l’introduction. »

 

LVR : Quels sont tes projets à venir ?

MG : « On lance la tournée de sortie de l’album, on sera en tournée jusqu’en octobre. Toutes les actus sont à suivre sur la page Facebook officielle. On a finalisé les clips « Keep Cool » et « The Valley ». Celui de « Kanaky » suivra dans les mois à venir. »

 

LVR : Si tu pars sur une ile déserte, quel morceau emmènerais-tu ?

MG : « Bob Marley – « Redemption Song » »

 

LVR : Un dernier message pour les lecteurs ?

MG : « Big Up à tous les massives de France à ceux qui nous soutiennent depuis le départ ! C’est grâce à vous qu’on peut continuer. Profitez de la vie, on en a qu’une ! »

 

Marcus Gad et son groupe The Tribes livrent un album génial qui réunit 13 titres cohérents. Marcus Gad nous emmène à la découverte de la Nouvelle Calédonie mais pas seulement ! Il pousse à la réflexion avec des textes spirituels et conscients. Sa voix repose sur une puissante vibration reggae root’s. La précision des arrangements, la fréquence 432Hz et l’apport de nombreux instruments tels que des cuivres, de la flûte ou encore du didgeridoo apportent une touche d’originalité et un côté méditatif. Le disque comprend de superbes titres comme « Purify », « Soul Talk », « Chanting », « Community Living » ou encore « Walk A Talk ». Je vous laisse avec les clips officiels de « The Valley » et « Keep Cool » ainsi que la liste des prochains concerts. Les EPs sont à écouter par ici et l’album par .

Je remercie Marcus Gad et Ugo pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer. Big Up aussi à Maxime d’iWelcom pour l’organisation !

 

Marcus Gad en concert:

03.05.2017 – Toulouse (31) – Le Rex
06.05.2017 – Montpellier (34) / Mélomane Club
07.05.2017 – Saint-Savin (33) / Festival B-612
12.05.2017 – Plainfaing (88) – Il était une fois dans l’Est
13.05.2017 – Jette (B) – Jam’in Jette Festival
19.05.2017 – Meyrin (CH) – Undertown
20.05.2017 – Issy les Moulineaux (92) – Le Réacteur
02.06.2017 – Bagnols-Sur-Cèze (30) – La Moba
03.06.2017 – Entraygues (12 ) – Rastaf’Entray Festival
16.06.2017 – Sannerville (14) – Rast’art Festival
17.06.2017 – Thomery (77) / Square Chpolansky
23.06.2017 – Joyeuse (07) / Kazka’Bar
07.07.2017 – Aix-en-Othe (10) / Festival en Othe
15.07.2017 – Montricoux (82) – Reggae Session Festival
27.07.2017 – Selestat (67) – Summer Reggae Vibration

 

 

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Une réflexion sur “Rencontre avec Marcus Gad

  1. […] « J’ai rencontré Marcus Gad lors de sa dernière tournée en France. Il m’a invité à faire un morceau sur scène avec lui, […]

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