Wach’da, l’interview

artiste reggae français, Wachda

« Jeux de Vérité » – février 2017

Wach’da a publié son troisième disque intitulé « Jeux De Vérité » en février dernier. Rencontre avec le chanteur pour parler de son album et de son parcours musical.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vie Reggae : Bonjour Wach’da ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté cette interview. Peux-tu commencer par une petite présentation ?

Wach’da W : « Je m’appelle Joseph Rano aka Wach’da. Je suis parti de la Martinique pour venir en France métropolitaine en 1973. J’ai commencé la musique en 1976 à l’age de 16 ans. J’ai monté mon premier groupe Savane, avec mon frère Éric Ranlo (à la guitare), un batteur, un claviste et moi-même à la basse et au chant. Au début des 80’s, j’ai formé mon propre groupe Wach’da. Les musiciens ont changé depuis mais certains sont encore là. »

 

LVR : Qu’est-ce que signifie le nom Wach’da ?

W : « Cela signifie salutations. Et puis, il y a une signification sentimentale. Le mouvement de la hache en créole se dit « Wach » et « Da » désigne une dame bienveillante comme une tante ou une marraine. Ma grand-mère habitait à coté de ma « Da ». Tous les matins ma grand-mère l’entendait couper du bois pour faire à manger. Cela m’a donc inspiré pour mon nom de scène. »

 

LVR : Comment définis-tu la musique de Wachda ?

W : « C’est un mélange de tout ce que j’écoute depuis toujours : reggae, musiques africaines, zouk. Je ne veux pas coller d’étiquette car il y a un problème avec le reggae. Les grands médias ne s’y intéressent pas beaucoup. Pourtant quand tu allumes la radio, il y a souvent des musiques avec un petit skank de reggae en fond et cela ne pose pas de problème ! Je préfère donc parler de world music. »

 

LVR : Tu as sorti ton premier album en 1994, le second en 2010 et le dernier cette année, pourquoi avoir autant attendu entre chaque album ?

W : « Comme on dit : « la vie n’est pas un long fleuve tranquille ». J’ai un trou de 10 ans car je suis parti en Angleterre pour élever mon fils. Parmi les musiciens avec lesquels j’ai commencé, certains ont abandonné la musique. Donc, j’ai pris un certain recul pour élever mon fils pendant une dizaine d’années. Mais pendant tout ce temps, j’ai toujours continué à travailler en studio. Je ne restais pas totalement à l’écart pour garder la vibe ! »

 

LVR : Comment la musique de Wach’da a évolué ?

W : « Entre les deux premiers albums, il y a eu un changement de technologie. Nous n’avions pas les mêmes moyens pour enregistrer. Je n’avais pas d’ordinateur par exemple. Maintenant on s’en sert même si on enregistre en live. Il y a aussi eu des évolutions artistiques. Quand on a des bons moyens de diffusion, on exprime mieux ses idées. Et bien sûr, on grandit, donc les messages deviennent plus matures. »

 

LVR : Qu’est-ce qui se cache derrière le titre  de ton album : « Jeux de vérité » ?

W : « Si tu regardes, « Jeux » est au pluriel car pour moi, il y a plusieurs jeux : les enjeux. Mais « vérité » est au singulier car selon moi il n’y a qu’une vérité universelle pour pouvoir avancer tous ensemble. Chacun a sa petite vérité mais si on veut se rassembler et s’unir, il faut s’accorder sur une vérité unique qui peut concerner tout le monde. »

 

LVR : Comment a-t-il était composé ?

W : « J’ai mon propre studio. Je fais mes recherches de mélodies et je cherche mon inspiration à la maison. Une fois que j’ai les idées, je vais en studio pour enregistrer en live avec les musiciens. J’essaie de faire un maximum de travail en amont pour que cela soit le plus simple et le plus clair possible quand on reproduit en live. »

 

LVR : De quoi parlent tes textes ?

W : « D’une manière générale, je m’inspire de l’actualité et de mon vécu. Je parle de la réalité dans laquelle je vis et de notre société. Je parle d’amour universel, des choses qui déconnent dans le système, de la vie et de mes expériences personnelles. Il y a par exemple le titre « Adan An Tan » qui parle de la jeunesse du reggae à Paris. J’y étais, donc je raconte un peu comment ça se passait. »

 

LVR : Comment s’est diffusé le reggae en France dans les 70’s – 80’s ?

W : « Avant internet, c’était live ! Les gens venaient aux concerts ou dans les Sound System. Il n’y avait pratiquement que de l’autoproduction. Derrière les Sound System, il n’y avait pas de promoteurs, c’était directement nous qui organisions les événements. Il y avait différents crews et chacun s’organisait pour faire vivre cette musique. Les seuls supports pour écouter (à part quelques radios) étaient le Sound System, les concerts et les disquaires. Le reggae a fait son chemin pendant au moins une dizaine d’années même si au départ, on nous laissait difficilement jouer car cette musique était déjà associée à certains clichés. Puis, on a commencé à jouer dans une salle vers Courbevoie grâce à un mec qui bossait pour une radio. Plus tard, il a organisé un concert hommage à Bob Marley à la fac Dauphine. Il n’avait pas d’instruments et nous a alors contactés. Cela a été le premier concert officiel de Savane. Puis le reggae a continué (et continue toujours) de grandir et son public s’est considérablement élargi ! »

 

LVR : Peux-tu nous parler des deux featurings de ton album ?

W : « Il y en a un avec mon fils AfroZ sur le morceau « Antillais ». Je l’ai composé en Angleterre. Et le second avec Winston Mc Anuff. Je l’ai connu grâce à Jérôme Perez qui tournait avec Bazbaz et lui.  Jérôme a donc proposé à Winston ce duo. Il a accepté et est venu au studio. Nous avons enregistré « Leave A Chance ». J’en garde un super souvenir ! »

 

LVR : Tu as fait un clip avec Sandrine Bonnaire, peux-tu nous en parler ?

W : « C’est une amie commune qui nous a présenté. On se connait depuis au moins 15 ans. Le premier album ne lui avait pas trop plu, mais elle a bien aimé celui-ci et notamment le titre « Pervers ». J’avais un ami qui préparait le clip et Sandrine a proposé d’aider. Elle a donc participé à la réalisation du clip. Elle a même co-produit. »

 

LVR : Quels sont tes projets à venir ?

W : « Dans les 3-4 mois à venir, on va sortir le single du duo avec Sandrine Bonnaire. Il n’est pas dans l’album. Il y a la version que j’ai chantée tout seul et il y aura la version en duo avec Sandrine. Et bien sûr, il y a aura des concerts à venir. Je suis en train de travailler sur la programmation. »

 

LVR : Si tu partais sur une île déserte, quel morceau emmènerais-tu avec toi ?

W : « « Discipline Child » de Jacob Miller chanteur de Inner Circle. »

 

LVR : Un dernier mot pour les lecteurs ?

W : « Venez me voir en concert, restez vivant et gardez la foi dans ce que vous avez choisi de faire. Si vous souhaitez que les choses soient bien faites, prenez l’initiative de tracer ce chemin pour que ce soit de la manière que vous voulez. Faites de ce monde, le monde tel que vous voudriez qu’il soit. Unité ! Merci beaucoup. »

 

Wach’da propose un reggae teinté d’une pointe de rock à l’image des titres « Rimercie Jah » « Detrake » ou bien « Pervers ». On goûte même à une belle touche de hip hop avec le flow très US de son fils sur le morceau « Antillais ». Wach’da présente ainsi un album intéressant avec des titres bien construits. On peut également citer « Fete », « Adan An Tan » ou encore « A 10 Ans » sans oublier le duo avec Winston McAnuff ! Je vous laisse avec le clip officiel de « Pervers » co-produit par Sandrine Bonnaire. Retrouvez plus d’informations au sujet de l’album sur le site officiel de Wach’da.

Encore un grand merci à Wach’da pour le temps qu’il a bien voulu me consacrer et merci à Jérôme d’Irie Ites pour l’organisation !

 

 

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