Letoyo, l’interview

chanteur reggae français, Letoyo

Letoyo et le Roots Radics Band (crédit photos Letoyo)

A l’occasion de la publication de son dernier disque « Simple Ticket », j’ai eu l’immense plaisir de m’entretenir avec le chanteur réunionnais Letoyo.

La Vie Reggae (LVR) : Bonjour Letoyo, tout d’abord merci d’avoir accepté cette interview, peux-tu commencer par une brève présentation ?

Letoyo (L) : « Je m’appelle Letoyo c’est mon nom d’artiste, je viens de l’ile de La Réunion, je suis compositeur et chanteur de reggae. »


LVR : Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?

L : « J’ai commencé la guitare à l’âge de 14 ans. Etant à La Réunion, on jouait plein de styles de musiques (Seggae, Maloya, Salegy, Rock…). À l’âge de 17 ans, j’ai eu envie de me perfectionner. Je suis parti à Nancy et Valencienne pendant 1 an pour faire une école de musique. Puis, je suis allé à Paris faire des stages. En parallèle, je travaillais dans le tennis car je ne vivais pas encore de ma musique. Ensuite, je suis retourné à la Réunion où j’ai monté mon home studio. J’ai commencé à composer et à faire de la musique pour plusieurs artistes. En parallèle, j’ai monté mon groupe. Au fil du temps nous avons fait un disque puis un second. Il y a d’abord eu « Ecoute » en 2009 puis « Kér Métissé » (2013). Cela nous a permis de faire de belles premières parties à La Réunion (Steel Pulse, Danakil, Israel Vibration avec les Root’s Radics, Iqulah,…). »

 

LVR : Comment as-tu choisi ton nom de scène ?

L : « Leto c’est le nom de ma grand-mère, elle est née à Tripoli au Liban, c’était mon premier lien avec l’Afrique. J’ai grandi à La Réunion près de l’Afrique. Je voulais vraiment associer l’identité de l’Afrique à mon nom. Par ailleurs, on m’a toujours appelé Yo (je m’appelle Yohann), du coup cela m’a inspiré Letoyo. »

 

LVR : Comment est né le projet « Simple Ticket » ?

L : « A la base, je voulais voir si on pouvait partager notre musique à l’extérieur de La Réunion. Nous avions décidé de partir en Jamaïque. Une semaine avant de partir, j’ai appelé Iqulah un artiste avec qui j’ai partagé un titre sur le deuxième album. Il nous a accueillis les bras ouverts. On partait pour composer et s’inspirer de l’énergie jamaïcaine afin de proposer un autre style de reggae. Puis, j’ai commencé à visiter les studios à Kingston. En visitant, je suis tombé sur Flabba Holt, le bassiste des Roots Radics. Après avoir écouté mes maquettes, il a accepté d’apporter sa pierre à l’édifice. »

 

LVR : Combien de fois as-tu été en Jamaïque pour concrétiser ton projet ?

L : « Nous avons fait deux voyages de 3 mois. La première fois c’était vraiment pour composer et apprécier la vibration sur place. Puis nous y sommes retournés avec les 10 titres pour l’enregistrement. Sur conseils de Flabba Holt, nous sommes allés au studio Harry J avec l’ingénieur du son Steven Stewart (qui est l’ingénieur du son de Burning Spear). On a joué en live (basse, batterie, guitare, clavier). Je jouais la guitare avec eux. Nous avons enregistré la base rythmique. J’ai fait quelques featurings sur place. Puis, je suis rentré à La Réunion pour enregistrer les cuivres et les chœurs avec mes amis au studio. Style Scott, le batteur des Roots Radics, m’avait dit que si je revenais en Jamaïque pour mixer, il me présenterait Lynford Fatta Marshall. Il a mixé pour des artistes comme (Shaggy, Junior Kelly, Buju Banton,…). L’année d’après, nous y sommes donc retournés une dernière fois pour le mixage. »

 

LVR : Peux-tu expliquer le titre du disque : « Simple Ticket » ?

L : « Simple Ticket signifie plusieurs choses. J’ai décidé de devenir rasta, j’ai donc choisi un seul chemin et ce n’est pas pour revenir en arrière. Après il y a la notion d’amour, on donne généralement sans retour, c’est comme un simple ticket. Enfin, il y a le rapport aux voyages car nous avons été en Jamaïque, à Londres et à Paris pour finaliser cet album. Nous sommes venus démarcher les labels en métropole pour organiser une sortie nationale. C’est donc une forme d’aller simple. »

 

LVR : Quels sont les messages que tu véhicules dans tes textes ?

L : « Le premier album était une vision assez générale. A partir de « Kér Métissé », j’ai commencé à parler de choses plus personnelles. La plupart des textes reflètent mon histoire et mon vécu comme « Une Etoile » ou « J’apprendrais Ces Lois ». Il y a 4 textes qui me tenaient à cœur et pour lesquels, j’avais du mal à exprimer mes idées. J’ai donc demandé à un auteur d’écrire les textes de « Simple Ticket », « Dreadlocks », « Résistons » et « Raciste » d’après mon vécu. Au départ, je pensais que ce serait difficile de chanter les mots de quelqu’un d’autre. Finalement, je chante ses mots venant de moi: cela colle parfaitement à mon histoire. Par exemple, « Résistons » exprime le fait d’avoir le cœur métissé sans être métissé: il a fallu que je résiste pour me faire accepter par les autres. »

 

LVR : Il y a plusieurs featurings sur ton disque, peux-tu nous en parler ?

L : « Muzam c’était notre voisin de chambre, il chantait du Dennis Brown toute la journée. C’est lui qui nous a emmenés visiter les studios. Il adorait le morceau « Ton Ange ». Le jour où je l’enregistrais avec les Roots Radics, il était au studio. Je lui ai donc proposé cette collaboration. Avec Empress Thunderous, c’est un peu pareil. Quand on s’est croisé dans la rue, elle s’est présentée en chantant. Le courant est très vite passé et cela m’a paru normal qu’elle chante sur « Raciste ». De plus, je ne pouvais pas faire le refrain avec un garçon (vu qu’elle parle d’un ami d’enfance). Enfin, j’ai rencontré Sabba Tooth au studio. Après avoir passé plus de 8h au studio, nous étions un peu en retard sur notre planning. Il nous restait le dernier titre à enregistrer. Juste derrière, Sabba Tooth avait besoin du studio mais il a accepté de nous laisser finir la séance. Il a donc pu entendre le morceau. A la sortie, il m’a dit qu’il avait adoré et voulait une collaboration. Le lendemain, nous nous sommes retrouvés pour composer, écrire et enregistrer « We Got The Power ». »

 

LVR : Parmi les titres, il y en a 1 qui n’a pas été enregistré avec les Roots Radics, peux-tu nous en parler ?

L : « C’est un riddim que j’ai fait avec mon premier ingénieur du son, Liberty Prod. C’est une sorte de morceau bonus. J’ai voulu réunir tous les artistes qui ont participés à l’album (Muzam, Sabba et Empress) sur un seul et même titre. Comme c’est un rythme plus dancehall que reggae, j’ai préféré le placer en dernier. C’était aussi une façon de le distinguer des morceaux faits par les Roots Radics. »

 

LVR : Quels sont tes projets à venir ?

L : « Le clip de Simple Ticket arrive bientôt. Le titre « Une Etoile » sort sur une compilation Reggae Vibes. Ensuite, je commence la tournée. En juin je joue au Festi Zik puis le 8 juillet en Belgique au Root’s Reggae Festival. Je me produirais en Sound System car mes musiciens sont à La Réunion. Avant de rentrer à La Réunion, j’aimerai retourner en Jamaïque pour finir les clips et eventuellement réfléchir à un second album. »

 

LVR : Si tu pars sur une ile déserte, quel titre emmènerais-tu avec toi ?

L : « J’emmènerais probablement un titre de Bob Marley. Sinon, est-ce que je peux prendre un riddim ? Tous les jours, je pourrais composer une chanson différente ! »

 

LVR : Un dernier mot pour les lecteurs ?

L : « Merci et big up à tout le mouvement reggae music ! En France, il y a beaucoup de gens qui vont en concert ou achètent du reggae. J’espère que cela va continuer car cela se fait à deux : public et artistes. Soutenir les artistes indépendants surtout dans le reggae, c’est très positif. Merci à vous de nous lire, de nous écouter et de croire en nous. J’en profite pour faire un petit big up à Style Scott qui nous regarde d’en haut aujourd’hui. Je lui ai promis que le disque serait dans les bacs, et je suis content de lui faire cet honneur. »

 

Sur des instrus reggae root’s minutieusement calibrées, Letoyo raconte son histoire avec simplicité et sincérité tout en diffusant des messages d’espoir, d’amour ou bien de partage ! Je vous laisse avec une version acoustique de « Simple Ticket » filmée au Parc de Bercy. Retrouvez plus d’informations sur l’album et l’actualité du chanteur réunionnais sur son site officiel.

Je remercie Letoyo et Claire pour le temps qu’ils ont bien voulus me consacrer. Big Up aussi à Maxime d’iWelcom pour l’organisation !

 

 

 

Retrouvez Letoyo en concert :

30.06.2017 – Festi-Zik – Sarlat (24)
08.07.2017 – Roots Reggae Festival – Hensies (Belgique)
14.07.2017 – Fête Nationale – Lens (62)
26.08.2017 – Festi’Max – Bourgogne (71)
16.09.2017 – Festival Rendez-Vous – Villelaure (84)

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