Rencontre explosive avec Jahvie de The Tuff Lions !

groupe reggae français, The Tuff Lions

The Tuff Lions (crédit photo Rec and Play Média)

Il y a quelques jours, j’ai eu l’immense joie de m’entretenir avec Jahvie, la voix du groupe Toulousain The Tuff Lions pour parler de la sortie de leur premier album « Spirit », dans les bacs depuis le 10 novembre.

La Vie Reggae (LVR) : Salut Jahvie ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté l’interview. Peux-tu démarrer par une présentation du groupe ?

Jahvie (J) : « The Tuff Lions est un groupe qui s’est formé fin 2011. Auparavant, j’avais un premier projet qui s’appelait The « Sweet Lions ». Il réunissait des jeunes de mon village. J’ai appris à faire de la musique au sein de ce groupe. Par la suite, chacun est parti de son côté. À la fin de mes études, je me suis concentré sur la musique. C’est à ce moment-là que j’ai monté The Tuff Lions avec des musiciens qui connaissaient vraiment bien le reggae. Ils avaient déjà une expérience de plus d’une dizaine d’années. J’ai pu continuer mon apprentissage avec eux. Les lions doux sont devenus des lions puissants. »

 

LVR : Comment as-tu rencontré les musiciens ?

J : « Lorsque notre premier percussionniste a quitté The Sweet Lions, nous avons proposé à Tony Bongo, un fabriquant de percussions traditionnelles nyabinghi de prendre sa place. Après la dissolution de The Sweet Lions, nous avons donc monté The Tuff Lions. Au départ, nous étions 4 anciens membres des Sweet Lions. Il y avait Jean Hoareau à la batterie, Filou à la guitare, Tony aux percussions et moi. Ensuite, Jo, un ami de Tony, nous a rejoints à la basse. Il est arrivé avec des textes écrits en anglais. Il est l’auteur d’une grande majorité des textes de l’album. Puis, on a fait rentrer Filo au clavier, un fan de jazz. Jean nous a quittés pour rejoindre The Banyans et maintenant, il tourne avec Marcus Gad. Depuis 2016, c’est le batteur de l’ex-groupe Jayanah, Karigan qui l’a remplacé. Il est très connu dans le reggae car il réalise des vidéos de batterie reggae qui cumulent plusieurs millions de vues sur Youtube (ndlr : Karigan Reggae Drummer). »

 

LVR : Quelles sont les influences de votre musique ?

: « Nous sommes d’abord influencés par le reggae. Les influences sont déjà énormes au sein même du reggae music ! Nous essayons de varier les styles d’un morceau à l’autre, c’est ce qui fait l’originalité de l’album. Il y a un peu tous les styles de reggae qu’on affectionne. Il y a des morceaux qui font penser à Israel Vibration, Sly & Robbie, Bob Marley, Peter Tosh ou Bunny Wailers. Il y a parfois aussi une touche un peu plus moderne. Après, chaque membre apporte aussi ses propres influences. Au sein du groupe, on affectionne beaucoup le jazz, le rock, la variété française et les musiques afros qui groovent (blues, soul, afrobeat, seggae…). »

 

LVR : Comment est née l’idée de l’album ?

J : « Depuis que nous avons créé le groupe, ce que nous voulions c’était sortir notre album. Il y a d’abord eu un premier EP (« Come To Fight ») qui réunissait 4 titres et 1 dub. Il y avait aussi un clip. Cela a été une grande bénédiction car nous avions de la matière à fournir aux programmateurs. Cela nous aura permis de faire des concerts. Par la suite, nous avons sorti un premier vinyle avec des morceaux remasterisés sur la face A et un titre acoustique nyabinghi inédit réalisé spécialement pour l’occasion sur la face B. Après l’EP et le vinyle, le rêve c’était donc l’album. Il a commencé à se concrétiser début 2016 avec les premières sessions d’enregistrement. »

 

LVR : Comment avez-vous produit cet album ?

J : « L’album a été autoproduit à 100%. Pendant 3 ans, nous avons fait des concerts presque « bénévolement ». On ne se payait pas mais c’est notre association qui engrangeait tous les sous afin de pouvoir financer totalement l’album sans aucune subvention. On a tout réinvesti dans la musique pour se faire vraiment plaisir. On voulait que l’album sonne le mieux possible. Alors nous avons pris deux ingénieurs du son spécialistes du reggae pour que les prises de son soient carrées. Ensuite il ne restait plus qu’à mixer. Nous sommes partis voir Fabwize à Paris. C’est le Lee Perry français ! En 10 jours, il a retourné notre projet ! Sur ses conseils, nous avons fini le mastering au Basalte Studio Mastering. Les 4 morceaux de l’EP (« Come To Fight », « My Lord », « Still Alive » et « Zion Way ») ont été réenregistrés et réarrangés. Les gens pourront comparer les deux versions. On a mis tout notre esprit dans ce projet, c’était un énorme travail d’équipe. C’est en partie pour cela qu’on l’a appelé « Spirit ». »

 

LVR : Justement, est-ce que tu peux en dire un peu plus sur le titre ?

J : « C’est le nom d’un morceau phare de notre album. Il a été composé un peu avant l’enregistrement de l’album. Il est placé en 7e position car c’est un chiffre important pour nous. Je suis né un 7 et c’est un numéro mystique et spirituel pour les rastafari. « Spirit » exprime à la fois notre spiritualité à travers le morceau et notre esprit d’équipe. On a remis notre travail dans les mains de Jah. C’est tout l’esprit qu’on a mis dans cet album. »

 

LVR : Peux-tu nous décrire brièvement la pochette ?

pochette album reggae "Spirit" - The Tuff Lions (2017)

« Spirit » (2017)


J
 : « Juste au-dessus du titre, c’est un mot écrit en langue amharique qui désigne l’éternel (prononcer «  egziabeher »). En haut, on a mis le Lion de Juda en référence à Hailé Selassié qui représente ce mot-là pour nous. Ensuite, il y a le croissant musulman (à gauche), la croix chrétienne (en bas) et la croix de David (à droite). Enfin la croix qui figure au milieu de la pochette sur le nom, c’est la croix de Lalibela, une église souterraine d’Ethiopie très mystique. La légende dit que ce sont des abeilles qui auraient construit ce temple. Le choix de la couleur jaune c’est en référence à notre premier EP. La pochette était noire avec le nom du groupe en jaune. On a voulu inverser. Ce disque est un peu comme notre lingo d’or. On voulait aussi un objet qui se voit car aujourd’hui c’est difficile de vendre des albums dans les bacs. »

 

LVR : Quel est le message principal que vous véhiculez à travers votre musique ?

J : Nos textes racontent nos vies. Par exemple, « Come to Fight » raconte la réalité dans laquelle je vis. Je me suis fait virer et j’ai décidé de quitter l’entreprise. Sans argent, cela devenait difficile de vivre, d’où l’importance de résister. On parle de situations touchantes, tristes, gais ou remplies d’amour toujours inspirées de faits réels. Il y a aussi des messages pour passer un bon moment. »

 

LVR : Quels sont vos projets à venir ?

J : « Avant de ressortir un album, on doit d’abord défendre celui-ci. On aimerait pouvoir le défendre partout y compris hors de nos frontières. On vient de signer avec Talowa qui est un gros tourneur. Cela va nous ouvrir des portes. Maintenant il faut que le monde aime notre musique et ait envie de nous programmer. On a de nouveaux clips qui arrivent, « Spirit » entre le 10 et 20 novembre puis un second dans le courant du mois de janvier. Cet été, nous étions au Reggae Sun Ska. Nous allons aussi sortir un making off pour montrer comment cela s’est passé. En parallèle, on travaille aussi avec des artistes comme Satya ou Monsieur Lézard. »

 

LVR : Si tu partais sur une île déserte, avec quel morceau partirais-tu ?

J : « J’emmènerais le morceau qui m’a donné le plus de frissons : « Selassie Is The Chapel» de Bob Marley. »

 

LVR : As-tu un dernier message à adresser aux lecteurs ?  

J : « Merci d’avoir pris le temps de lire cet article ! Continuez de lire les blogs ou les magazines qui promotionnent le reggae. Il faudrait toujours plus de personnes qui prennent le temps d’écrire des articles sur le reggae music. Il y a déjà des médias qui le font très bien mais plus il y en aura, plus notre musique sera mise en avant. Achetez les albums, venez aux concerts et partagez sur les réseaux sociaux pour que ça tourne ! Ce sont les fans de reggae qui font vivre ce mouvement ! Merci pour votre soutien ! »

 

The Tuff Lions livre un premier opus très abouti qui devrait ravir les fans de reggae ! Les 12 titres mêlent habilement compositions bien produites et prestations vocales envoûtantes. Les toulousains propagent des messages positifs et spirituels qui reposent sur une profonde vibration reggae traversée par des sonorités variées.  Je vous laisse avec une version acoustique inédite de « Good Livity » capturée à l’Inédit Café ! Retrouvez l’actu du groupe et plus d’infos sur l’album sur le site officiel de The Tuff Lions.

Encore un grand merci à Jahvie pour le temps qu’il a accepté de me consacrer. Big Up à Max pour l’organisation et à l’équipe de l’Inédit pour avoir autorisé la vidéo !

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2 réflexions sur “Rencontre explosive avec Jahvie de The Tuff Lions !

  1. smokeiutp novembre 14, 2017 à 2:19 Reply

    Superbe découverte, un son reggae profond, j’adore ! un Grand merci encore pour ton travail et permettre à d’autres de découvrir de nouvelles perles reggae, qui plus est française 😉
    et bonne chance aux toulousains de Tuffs Lions dans la promo de ce très bon cd

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  2. […] disques très encourageants. Je pense notamment à Delphine avec son album « Blue Soul », The Tuff Lions, Devi Reed, Pablo Anthony, ou encore Marcus Gad. 2017 aura aussi été l’année de la […]

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