Rencontre avec le plus jamaïcain des français: Charly B !

chanteur reggae français, Charly B

Charly B & the TMMJ Crew (Credit Photo: Charly B)

 

J’ai eu l’occasion de rencontrer Charly B lors de son passage à Paris en décembre dernier pour présenter son premier album solo intitulé « Journey Of Life ». Récit d’une rencontre avec un artiste au parcours atypique…

La Vie Reggae (LVR) : Bonjour Charly B ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté cette interview. Peux-tu commencer par te présenter ?

Charly B (C.B) : « Je suis Charly B. Je suis français, mon père vient d’Issy-les-Moulineaux et ma mère de Lyon. Mon vrai prénom, c’est Charles d’où « Charly » et le B c’est pour la bénédiction. J’ai vécu dans une famille bienveillante. Le B désigne donc cette bénédiction et cela marche aussi en anglais puisqu’on dit blessing. »

 

LVR : Peux-tu revenir sur ta première expérience en Jamaïque ?

C.B : « Je suis parti en Jamaïque pour la première fois quand j’avais 15 ans dans le cadre d’un échange culturel. C’était grâce à mes parents car ils voulaient que je m’ouvre l’esprit en découvrant un pays étranger. Ils m’ont laissé le choix du pays. J’étais déjà fan de reggae même si à 15 ans, je ne voyais pas le reggae comme aujourd’hui. Passer 1 an sur l’ile de Bob Marley c’était donc un grand rêve ! J’en suis tombé amoureux. Depuis 5 ans, je vis en Jamaïque et je devrais bientôt obtenir la double nationalité. »

 

LVR : Peux-tu retracer brièvement ton parcours musical ?

C.B : « Après l’échange culturel, je suis revenu finir mes études en France. J’ai obtenu un diplôme d’ingénieur du son. De 2002 à 2009, j’ai fait beaucoup d’allers-retours entre la Jamaïque et la France pour développer mon patois, mes connexions et mieux connaitre la culture jamaïcaine. En 2009, j’ai gagné le tremplin Reggae Europe sur internet. J’ai alors été envoyé dans un grand studio en Jamaïque pour enregistrer une chanson et tourner le clip. Le producteur local m’avait gardé pour tourner deux clips supplémentaires. Il voulait m’envoyer en Europe alors que je tenais d’abord à me faire connaitre en Jamaïque. Comme cela ne correspondait pas à mes attentes, je me suis concentré sur d’autres projets. J’ai fait le single « Forever » et un album que j’ai produit de A à Z. Je prenais des riddims et je posais ma voix dessus. Seul devant mes programmes, je n’arrivais pas à obtenir le son que je voulais. Finalement, j’ai décidé de ne pas sortir cet album car je n’étais pas venu en Jamaïque pour faire des remix. Cette expérience m’a fait comprendre qu’on ne pouvait pas être au four et au moulin et qu’il me fallait une équipe pour réussir. »

 

LVR : Est-ce que tu peux présenter l’équipe avec laquelle tu travailles aujourd’hui ?

C.B: « Bien sûr, ils sont 3. Rayon Smith le pianiste et l’ingénieur du son, Andre Barnes le batteur qui s’occupe aussi de la promotion. Il sait parfaitement comment atteindre les médias jamaïcains (radios, télés, magazines, web…). Et il y a le guitariste Corey Cooms qui travaillait auparavant avec Ziggy Marley. Ils se sont mis en groupe et ont formé le TMMJ (Tower Music Media Group). Nous nous sommes rencontrés dans le département jamaïcain de Portland. Le défi était donc de me faire connaitre en Jamaïque. Ils ont compris que cela allait prendre du temps mais l’équipe m’a bien aidé. C’est grâce à leurs conseils et leurs compétences que le projet est arrivé là où il en est aujourd’hui. En parallèle, ils produisent aussi d’autres artistes. »

 

LVR : Comment as-tu acquis une telle reconnaissance auprès des jamaïcains ?

C.B: « Cela a déjà été un sacré boulot de faire connaitre une chanson auprès de ce public. Vu que c’est le peuple créateur du reggae, c‘était important d’avoir leur feu vert. On a démarré avec la chanson « Prophecies Untold, Black Gold and Green ». Ce titre m’a permis de participer à une soixantaine de shows (radios, télés, interviews, live). J’ai pu me produire aux côtés d’artistes que je respecte énormément comme Tony Rebel qui m’a invité dans son festival « Rebel Salute » en 2016. Cette même année, j’ai perdu 3 êtres chers dont mon père. Il est décédé au moment où j’étais invité sur des plateaux. C’était un moment très difficile. TMMJ m’a énormément soutenu et m’a convaincu de poursuivre la promotion. Cela m’a inspiré la chanson « Nah Give Up » qui explique qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves. Les singles étaient mon passeport pour sortir de Jamaïque et l’album « Journey Of Life » est destiné au public du monde entier. »

 

LVR : Justement, si on parlait de l’album maintenant, comment a-t-il été composé ?

C.B : « Chaque chanson a été enregistrée en live et en one shot. On a procédé chanson par chanson. Parfois, on faisait 2-3 prises d’un coup. Puis, nous sommes allés dans d’autres studios pour rajouter les cuivres, les chœurs, les arrangements et les petits détails comme l’ajout de lignes de guitare par-ci par-là. Cela a pris environ deux ans d’enregistrement, d’écriture, de mix, de mastering et de design pour obtenir le son souhaité. »

 

LVR : Peux-tu expliquer le titre « Journey of life » ?

C.B : « Le titre est relié à la chanson « Step by Step ». J’ai voulu l’appeler ainsi car cet album représente tout simplement le voyage de ma vie. Cela m’a pris 20 ans pour en arriver à ce premier disque, le temps de développer mon patois, de connaitre la culture jamaïcaine et de faire les connexions nécessaires. C’est aussi un album de réalité car tous les titres sont inspirés d’expériences qui me sont arrivées. »

 

LVR : Si on rentre un peu dans le détail, de quoi parlent tes textes ?

C.B : « Il y a deux textes qui parlent de la vanité : « City Lights » et « Jah See and Knows ». Sur cette dernière chanson, j’explique que certaines personnes fréquentent leurs amis pour leur propre bénéfice. Dès que cela ne marche plus, ils les laissent tomber. « Ego » est une rétrospective sur ma vie amoureuse. « One Phone Call » est une chanson love où je décroche mon téléphone pour prendre des nouvelles de mes proches quand ils me manquent. Avec « No Running Away », je voulais réunir toutes les religions sous une chanson reggae mais je ne voulais mettre aucun nom sur Dieu, alors je l’ai appelé Jah comme dans la culture rasta. « Respect » est un morceau qui appelle à respecter les femmes. Il y a aussi des thèmes plus légers comme « Welcome » ou encore « Rock To The Bit » qui invitent à faire la fête. A l’intérieur de l’album, le public pourra retrouver toutes les paroles. »

 

LVR : Il n’y a aucun featuring sur ton album. Peux-tu nous dire pourquoi ?

C.B : « Je voulais que le public entende ma voix. Je ne voulais pas qu’on croit que c’est grâce aux featurings que j’ai réussi. Bon nombre d’artistes ont publié 5-6 albums avant de sortir un album où on entend seulement leur propre voix. C’est vrai que j’aurai pu placer un petit featuring mais TMMJ m’a conseillé de sortir mon propre son pour éviter que le public ne retienne que cette chanson-là. J’ai quelques noms en tête pour de futures collaborations mais je vais d’abord me concentrer sur la promotion de ce premier album. »

 

LVR : Quels sont tes projets à venir ?

C.B : « Nous avons une proposition d’une tournée d’une quinzaine de dates dans une dizaine de pays. Je ferai la première partie d’un grand artiste jamaïcain. Mais je ne peux pas encore dévoiler le nom car certains détails restent à régler. On va tenter d’exporter l’album dans le plus de pays possibles (Etats-Unis, Europe, Australie…). Il y a aussi un clip (qui est déjà prêt) que nous allons essayer d’amener aux télés. C’est la raison pour laquelle, la vidéo n’est pas encore sur Youtube. En parallèle, nous travaillons sur le second album. Nous réfléchissons aussi à la possibilité de sortir « Journey To Life » en vinyle. Pour le moment, rien n’est confirmé. Affaire à suivre… »

 

LVR : Avant de conclure, as-tu quelque chose à rajouter ?

C.B : « Sur mon site internet, il y a toutes les infos sur l’album, les contacts et les dates de concerts qui vont bientôt apparaitre. Je voudrais aussi faire une spéciale dédicace à mon père, ma grand-mère et mon fils qui sont partis au début de l’année 2016. Dédicace aussi à ma mère, ma sœur et tous ceux qui me supportent dans la musique. Ceux qui m’ont donné la force d’avancer et spécialement mon père. On ne peut pas faire de reggae sans musiciens et un artiste ne peut pas travailler sans son équipe. Donc je voudrais faire un gros big up à tous ceux qui soutiennent mon projet (TMMJ, iWelcom, Reggae Europe, Baco Records…) »

 

LVR: Si tu pars sur une ile déserte, quel titre emmènerais-tu avec toi ?

C.B : « Je prendrais « One Love » de Bob Marley. »

 

LVR : Un dernier mot pour les lecteurs ?

C.B : « Je suis fier d’avoir passé autant d’années en Jamaïque pour apprendre le patois et maintenant de représenter internationalement la France avec cet album dans le monde du reggae. J’espère que l’album vous plaira. Un grand merci pour votre soutien ! »

 

Attachez vos ceintures et préparez-vous à décoller dans l’univers survolté de Charly B. Les 14 titres de l’album risquent de ne laisser personne indifférent avec des zones de turbulences comme « Ego », « Step By Step », « Rock To The Beat »,  ou bien encore « Shoot Your Down ». Grosse voix, flow destructeur, rythmes entraînants, tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un moment agréable. Je vous laisse avec le clip officiel de « Live It Right » ainsi que deux autres extraits « Shoot Your Down » et « Jah See & and Knows » Vous pouvez retrouver l’album en écoute par ici.

Encore un grand merci à Charly B pour sa disponibilité et son amabilité. Big Up aussi à Max d’iWelcom pour l’organisation.

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