Du Dancehall au New Root’s

Le ragga-dancehall

L’apparition du Dancehall est un aboutissement des different styles musicaux évoqués. Les sound system de Clément Coxsone ou Duke Reid ont laissé place à des DJ, aussi appelés Toasters qui balancent leurs lyrics sur des instrumentales orientées reggae.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 80, le dub devient le socle musical de référence de ces toasters. Le ragga remplace petit à petit le reggae. C’est un mélange de reggae, même si les sonorités marquent une certaine distance avec le fameux skank du reggae, et de rap (apparu entre temps aux Etats Unis). Le ragga est également l’abréviation du mot raggamuffin.

Les thèmes du dancehall évoquent le quotidien de la vie dans les cités jamaïcaines, particulièrement violente en cette période. Le ragga traduit les problèmes auxquels sont confrontés les rude boys (Ghetto, misère, pauvreté, Trafic en tout genre…). Les ghettos sont de plus en plus livrés à eux-mêmes, les politiciens ne s’en préoccupent pas. Les drogues dures se généralisent au sein de la jeunesse jamaïcaine. L’influence des textes des rappeurs américains va beaucoup inspirer les jamaïcains. Les messages violents sont de plus en plus fréquents, on parle de Guns Lyrics ainsi que les textes à caractère sexuel que l’on nomme « Slackness ». Parallèlement, l’homophobie devient un sujet fétiche des rude boys, du fait d’abord de l’intolérance de la religion chrétienne à ce type de pratique, puis du fait aussi d’un aspect historique. En effet, au cours de la colonisation, les anglais punissaient les esclaves ayant commis une faute, en les violant afin de les humilier.

En Jamaique, le dancehall a susplanté le reggae. Les jamaicains vivent avec leur temps et considèrent souvent le reggae comme un courant musical dépassé. De plus, la disparition de Robert Nesta Marley en 1981 va alimenter la perte d’influence du reggae et des rastas en Jamaïque. Le son numérique remplace les orchestres traditionnels, la voix du toaster devient prépondérante à l’instar du rap. Le flow du chanteur impose le rythme. Différents dérivés du ragga font leur apparition, le dub poetry avec des artistes comme Linton Kwesi Johnson qui consiste à parler sur des instrumentales et le rub-a-dub style, que l’on peut découvrir sur le morceau de Michigan and Smiley. Le son devient quasiment uniquement numérique. Les nouvelles stars jamaïcaines du Dancehall se nomment Elephant Man, Bounty Killer ou Vybz Kartel (actuellement en prison…).

Linton Kwesi Johnson – Reality Poem

Michigan and Smiley – rub a dub style

Admiral Bailey – Punany (remarque : ce terme désigne en argo jamaïcain la partie sensible des filles sans faire de dessin…), il s’agit bien d’un morceau dit de Slackness.

Le New Root’s

Au début des années 1990, la star jamaïcaine du Dancehall de l’époque, l’Homme qu’on appelle Buju Banton se convertit au rastafarisme. Les thèmes rastafari réapparaissent dans les morceaux sous l’impulsion entre autre de la tribu des Bobo Ashanti qui héberge en son sein, des personnalités comme Sizzla, Capleton ou encore Anthony B. Cette communauté est considéré comme « extrémiste » par les autres communautés rastas. du fait de règles nettement plus strictes. Les membres portent un turban, qui les différencie des autres communautés, et les rend facilement identifiables.

On appelle ce nouveau courant le New Root’s car il fait certes un revival reggae mais s’imprègne également des rythmes Dancehall.

Exemple : Sizzla – One Away (extrait de Black Woman And Child 1997)

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