Premiers pas de la musique africaine

Pour comprendre ce mouvement, il nous faut remonter le temps jusqu’en 1619 et évoquer les sombres pratiques d’esclavage. Bref rappel, l’esclavagisme est une pratique qui existait depuis la nuit des temps, puisque les romains ont mis en place ces méthodes dès le 2ème Siècle avant Jésus Christ. Bien sûr la condition des esclaves a évolué au fil des siècles et des civilisations. Toutefois, ce n’est pas le sujet central qui nous préoccupe dans cette partie.

Revenons en 1619, les africains furent emmenés violemment vers de contrées lointaines, loin de leurs familles et de leurs racines. On appelle également ce phénomène : la diaspora, (la dispersion d’un peuple à travers le monde). Durant cette sombre période, les blancs interdisaient aux esclaves d’utiliser un instrument de musique et de participer à des rites religieux. Privés de leurs coutumes natales et dépourvus de toutes racines culturelles, les esclaves vont alors recréer leur propre culture en s’inspirant de la culture occidentale mais aussi en s’appuyant sur les souvenirs de leur culture ancestrale. Le reggae est une forme d’héritage de cette période qui s’est construite sous l’influence directe des premières expressions musicales des noirs. J’avais envie d’évoquer brièvement ces expressions musicales du Worksong au Jazz.

Le Worksong est la première forme d’expression musicale. Comme son nom l’indique, les esclaves chantaient des cantiques durant les travaux laborieux et épuisants qu’ils réalisaient pour le compte des colons. Ceux-ci toléraient ces chants car ils trouvaient que leur motivation était meilleure et se traduisait par un meilleur rendement.

En Afrique, chaque tribu avait également développé son propre style de musique notamment avec les percussions, on peut citer le tambour de la tribu Burru, qui n’est autre que le descendant de la percussion nyabinghi utilisée par les rastas durant les grounation (des rites rastas).

Au cours du XIXe siècle, les esclaves se créent leur propre culture en s’inspirant d’éléments musicaux empruntés aux européens. Ils seront autorisés à assister à des messes protestantes de certaines églises. Ils se constituent des chorales et commencent à développer leurs propres chants religieux en s’inspirant des cantiques et des psaumes Anglos saxons. On appelle ce mouvement le « Negro Spiritual ». Il aborde essentiellement des textes religieux sur des battements de mesure, accompagnés par une danse très caractéristique, appelée « Ring Shout ». Les paroles étaient interprétées en saccadé. Dans leurs textes, les esclaves comparent le Canada, terre où l’esclavage est interdit, à la terre promise d’Israël décrite dans l’ancien testament. En complément des chants religieux, les textes aborderont de plus en plus cette question liée à la liberté des hommes.

A la suite de l’abolition de l’esclavage, le spiritual va petit à petit s’adapter à la scène. Les Fisk Jubilee Singer, un groupe issu d’une des premières universités noires américaines des Etats-Unis, initie des concerts à partir de 1871. En 1895, la création d’églises sanctifiées va donner naissance à une variante du Spiritual, le Gospel. Ces chants évangéliques vont être une source d’influence très riche à la base de la plupart des musiques africaines contemporaines.

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